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Estebois - Les réfugiés
#21
[... pas si vite]

Olba Nalamirou Golim la conduisit jusqu’à son navire. Le quai d’embarquement était vide maintenant et les logimecs d’entretien avaient nettoyé la place.

Le Krab avait une place directement à quai. Les coursives qu’ils empruntèrent étaient propres, entretenues, contrairement à ce qu’elle aurait pu craindre du premier contact avec l’équipage. C’était un grand navire, dont le passé militaire était encore présent : sas de sécurité, plaques de renforts, zones de quarantaine. Ils pénétrèrent dans les quartiers de l’équipage, qui malgré quelques aménagements restait spartiate.

Il l’accueillit dans une petite cabine, une cabine d’officier qui avait été réabilité en bureau et après avoir fait s’asseoir, lui avoir proposé une boisson, branché l’holocom de son bureau il continua à lui parler :

… vous savez, le capitaine n’est pas un mauvais bougre. Nous avons participé avec notre navire et nos deux navettes à la récupération des naufragés. On a même réussi à récupérer deux bulles dont l’émetteur était défaillant. Il lissa de la main la surface du bureau. C’était son devoir certes, mais le don qu’il a fait à la station de cent dix lits d’urgence et de deux fois plus de couvertures ne lui avait pas été demandé.

Ca faisait partie des trucs qui restaient à bord quand nous avons acheté le navire, mais je suis certain que j’aurai put les vendre à l’occasion.

Bref … même Kline, un très bon mécano au passage, n’est pas seulement la grosse brute qu’il veut paraître.


Il reprit avec Khrys la discussion qui avait été interrompue …

Il dégustait une sorte de fruit bleuté dans lequel il avait planté une paille, après qu’il l’eut écrasé avec soin. Il écoutait avec soin, ses yeux pédonculés se plissant légèrement, se rétractant ou se fixant sur Sémirande au gré des paroles du marchand.

Hummm. Je comprends votre demande.

Vous nous demandez de nous engager dans une destination lointaine, hors de nos destinations habituelles tout du moins, au prix d’un détour qui nous fera passer loin de Jonction pour emmener vos protégés à l’abri vers une nouvelle vie.

Le prix du transport, habituellement serait …
il calcula sur son écran holographique et donna un prix qui était dans les normes de la guilde compte tenu du détour. Un prix qui dépassait et de loin ce que les réfugié disposaient.

Et nos cales sont actuellement pleine de marchandises, marchandises que pour certaines d’entre elles donneront lieu à d’innombrables tracasseries administratives ou ne seront pas appréciées à leur juste valeur en République du Cygne.

Ce que vous proposez, leur faire signer un contrat afin que le fruit de leur travail serve à rembourser leur passage, est de l’indenture, une forme de servitude pour dette, que la jurisprudence constante des tribunaux de la République assimile à l’esclavage. Il sera frappé de nullité.


Il secoua la tête tristement … Hélas je ne sais si nous pouvons vous aider.

Il tira sur sa paille avec un bruit involontaire de plomberie bas de gamme. Un ange passa. Un ange un peu louche qui tenait ses ordres directement de Mercure.

Néanmoins … Une idée me vient. Une idée profitable pour chacun d’entre nous.

J’ai cru comprendre que vous disposez d’une licence commerciale avec Paraji. Vous pouvez donc sans difficulté vous poser chez eux et … vous déplacer à votre guise sur leur territoire ? Humm ?

Pouvons-nous passer en communication sécurité et brancher un brouilleur ? Je ne tiens pas à ce que cette conversation soit « officielle » ou même « enregistrée ». Nous nous comprenons ?
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#22
MdJ Wrote:Néanmoins … Une idée me vient. Une idée profitable pour chacun d’entre nous.

J’ai cru comprendre que vous disposez d’une licence commerciale avec Paraji. Vous pouvez donc sans difficulté vous poser chez eux et … vous déplacer à votre guise sur leur territoire ? Humm ?

Pouvons-nous passer en communication sécurité et brancher un brouilleur ? Je ne tiens pas à ce que cette conversation soit « officielle » ou même « enregistrée ». Nous nous comprenons ?

Khrys comprit qu'il avait affaire à quelqu'un de compétent. Les réfugiés pourraient être transportés s'il pouvait céder sa licence commerciale à l'équipage du Krab. Certes, cette licence ne leur serait plus d'aucune utilité dès leur départ.
Il demanda alors à Gurvan de passer la communication en mode crypté.

Nous voilà plus discret sur ce canal...
Votre idée me semble être un bon compromis. Vous pourriez écouler votre marchandise ici même, et éviter de bloquer votre vaisseau avec des cales pleines. Les gens de ce monde, ont besoin de divers choses, j'espère pour vous que vous avez les bonnes marchandises, leur liste n'est pas si exhaustive que cela.
Pour résumer, serez-vous prêt à prendre ces réfugiés en échange d'une mise en relation avec celui qui nous a "accordé" cette licence afin qu'il vous cède notre licence? Nous nous dégageons, bien évidemment, de tout frais éventuels dû à des compensations de transmission de dossier.


Khrys n'était pas au bout de ses surprises... il venait de conclure le deuxième échange humain contre marchandise de son périple en moins d'une semaine! :emo:
Tout à un prix, même les hommes ont le leur.
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#23
Après s'être assuré que son brouilleur était actif et qu'aucun enregistrement ne pourrait servir de preuve lors d'une éventuelle enquête, le sympathique, mais roué alien répondit :

Ce n'est pas vraiment ce que j'avais en tête : une partie non négligeable de nos marchandises ne serait pas écoulable avec la marge attendue. Le profit serait négligeable.

Disons ...
il mit ses mains en clocher devant lui … que nous avec perdu un objet assez volumineux sur les terres de la cité état de Paraji. Dans une zone isolée, peu habité.

Une navette furtive pour tout dire qui a connue une panne antigrav et qui s’est écrasée. Son lieu précis de crash n’est pas déterminé … mais nous avons une idée de la zone.

La nature de l’engin, sa destination, sa cargaison, l’emplacement du crash et … la conviction que le pilote ne s’en est pas sorti, a fait que nous n’avons pas jusque là cherché à situer précisément où se trouvait notre bien.

… Mais peut être pourrions nous nous rendre mutuellement service ?
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#24
[In Petto]
"Eh bien je vais peut-être la faire, ma partie de chasse !"
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#25
MdJ Wrote:
… Mais peut être pourrions nous nous rendre mutuellement service ?

Je crois que c'est dans les cordes de Sémirande... n'est-ce pas ?
Tout à un prix, même les hommes ont le leur.
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#26
[Sans lever les yeux de sa tasse]
"Ce ne sont ni des armes, ni de la drogue ni des esclaves ?" Ceci d'une voix détachée, comme ailleurs...
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#27
Des armes ? Non, nous ne sommes pas des trafiquants d’armes … De la drogue ? Ils seraient plutôt exportateurs de telles substances … Des esclaves ? Je ne répondrais même pas à cette question tellement elle est insultante.

Il tapota sur la table … et se lança.

Il s’agit de lingots d’alliages spéciaux, de divers moyens de communication modernes et d’un générateur gigawatt A.M industriel.

Voilà ce que je vous propose : vous trouvez cette épave, vous nous faites un état de sa cargaison, vous me transmettez sa localisation et je m’arrange pour que nous transportions sans faire plus de difficulté vos protégés. Après tout je dispose d’une minorité de blocage et une fois calmé le capitaine m’écoutera.


Il fixa son regard sur le plafond un instant, pensif.

Et … si vous retrouvez le pilote, faites de votre mieux pour ses restes mortels.

Evidement cette conversation n’a jamais eu lieu.

Si nous en avons terminé, que nous avons un accord, je peux vous faire une visite de notre navire.


La visite qui s’en suivit fut instructive. C’était un grand navire qui avait été transformé en cargo mixte, bien que dépassé il était maintenu avec soin. Des logimecs spécialisés, bas de gamme pour la plupart, assuraient l’entretien courant. Les cabines étaient propres, neuves pour la plupart bien que de taille réduite. C’était de toute façon plus confortable que les quais d’embarquement où les réfugiés avaient été préalablement parqués.

Au cours de la visite leur hôte donna quelques explications complémentaires :
… la difficulté vient que cette zone, une vaste vallée traversée par un affluent du fleuve, n’est accessible que par des moyens de transports locaux. Les bulles, navettes, y sont interdites. Même les dirigeables ne s’y engagent pas en cette saison.

La visite terminée il la raccompagna au quai … Nous restons en contact madame Chalmak ? Passez donc nous voir quand vous remonterez de la surface : je vous offrirai un verre et nous discuterons. Je suis certain que nous avons des intérêts communs.

Le sas se referma. Restait à Sémirande à rejoindre ses compagnons. Il lui semblait avoir vu, en parcourant les coursives de la station, une ligne de direction holographique menant à des « capsules de descente » …

// Si ça t’inspire, je te laisse improviser.
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#28
Profitant de sa présence holographique auprès de Sémirande.

... et bien, cela semble facile. Peut-être même trop. Faire un tour d'antigrav, en revendiquant la récupération de la cargaison, ça semble vraiment trop facile.

Je pense qu'il faudra demander une autorisation de survol de la zone désignée, en prétextant une récupération de corps et de bien. Et puis, on profite de la licence commerciale pour y aller. Bref, je suppose que la zone en question sera truffée de prêtre rétif brûlant tout Etre, et tout objet technologique...

Sinon, pour te tenir au courant de ce qui se passe sur le Mephisto; le client vient d'embaucher notre passager sous surveillance... :geek:
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#29
[Run...]
Bon, eh bien autant ne pas perdre une seconde. Sémirande se mit à courir dans les coursives, impatiente qu'elle était maintenant de descendre sur ce monde auquel elle avait tout d'abord renoncé. Elle arriva face à une baie donnant sur Estebois, enfin, pas tout à fait. La baie était une protubérance sous laquelle la planète apparaissait selon un angle qui donnait l'impression qu'elle était à la fois face à vous, et sous vos pieds, comme une colline que l'on regarderait d'une montagne considérablement plus élevée.

Elle n'était pas vêtue discrètement. Alors que les sept personnes présentes étaient habillées plutôt chaudement, sa robe légère et ses sandales assorties dénotaient un poil. Elle put cependant entrer sans se faire remarquer car un petit incident retenait l'attention des voyageurs. L'officier du Cygne et de son inévitable alter-égo estébalien étaient en train de calmer un monsieur qui faisait manifestement une crise de vertige plutôt carabinée. "Je vais tomber, je vais tomber !" hurlait-il. Bon, il y avait bien des médicaments pour cela, mais là...

Amusée, elle s'assit et regarda comment l'officier cygnien (ou cygnan ?) sut magistralement calmer le paniqué, en faire autant du militaire estébalien qui aurait bien appliqué la procédure "Orkalys", éloigner la poignée de curieux et appeler du renfort.

Le malheureux partit accompagné d'un médic. Celui-là ne descendrait que le lendemain dans l'après-midi, par la prochaine navette.

L'officier reprit sa tâche, et c'est alors que ses yeux se posèrent sur la Navyborg.
Lui : "Mademoiselle, il y a une terrasse "visiteurs" au bar situé plus loin, dans la coursive. Vous y verrez les départs encore mieux qu'ici."
Elle : "Mais je descends."
Lui : "Euh, mais vous savez qu'il ne fait pas encore chaud-chaud en bas ?"
Elle : "Vous savez, je ne suis pas frileuse."
Lui : "Oui, mais quand même... Vous avez vos documents ? Merci.
...
Ah, je vois."

Elle passa la première, tout le monde voulant voir le spectacle. Car c'en fut un. Sémirande Chalmak s'allongea sur une coque tapissée d'un matelas qui épousa la forme de son corps. La couche se rétracta jusqu'à ce que plus rien ne dépasse du tissus réfractaire qui allait la protéger de la chaleur.
Elle : "Je piloterai en manuel."
Lui : "Bien mademoiselle. Votre collier... Vous ne pouvez pas le prendre."
Elle : "Ah, bien sur. Excusez-moi" dit-elle en lui tendant l'objet. Elle vit que c'était un bel homme, qui la regardait de façon professionnelle, tout en restant courtois.
Elle avait toutes les qualifications pour piloter ce bidule. Elle prit connaissance mentalement des procédures qu'elle connaissait cependant par coeur, mais on ne se passe pas de ce genre de précaution. Cela prit une seconde. Satisfaite, elle fit "se lever" l'engin qui prit place dans le sas transparent (il n'y avait pas de baie à champ énergétique, sans doute pour des raisons psychologiques). Un des derniers mots qu'elle entendit avant que la grande porte de verre ne se referme fut "Cyborg...". Sans activer le champ de force de la bulle elle commanda la bassinée et sortit. Tous étaient collés à la "vitre", rejoints par les consommateurs du bar auquel l'officier avait fait allusion. Le douanier estébalien la regardait avec une fascination à laquelle se mêlait manifestement une sorte d'horreur.

Que c'était bien de voler dans le vide, sans rien que son champ NT6. Et encore... Allez. Prudemment, elle rendit son champ poreux, puis voyant que ses systèmes restaient au vert le coupa complètement. Ca y était. Elle était maintenant entrée dans le cercle très fermé des "respirateurs de vide". Bon, d'accord, elle trichait un poil. Elle fit un geste rassurant à l'attention de ceux qui, horrifiés, avaient mal interprété la signification de la bouffée de vapeur qui s'était produite.
Aïe, elle avait gaffé. Ce fut pourtant très calmement qu'elle appela le contrôle et dit "Sémirande Chalmak, capsule Borniol-T-PACAP. Ecran NT6 coupé, combinaison NT6 coupée. Tout va bien, suis opérationnelle." Le culot...
Sans attendre la réponse, elle lança les petits antigravs pour changer l'altitude de l'engin, ce faisant sa vitesse angulaire augmenta et le temps avant de rejoindre le point où était posé le méphisto passa de douze heures à huit, puis cinq, puis deux. Elle en resta là.
C'était superbe. Sous l'atmosphère qui était à portée de main, la draperie verte se parait de tellement de bijoux de beauté qu'elle comprenait, sans y adhérer, les thèses de ceux qui pensaient qu'une intelligence supérieure était derrière tout cela.
Les mois qu'elle avait passé chez les Smarks de Myrtil lui avaient donné le plus beau des cadeaux : elle gardait sa faculté d'émerveillement.

Elle hésita à faire un tour de plus, mais, bon, il ne fallait pas abuser. D'une pichenette mentale, elle bascula son engin, l'alignant à la dixième seconde d'arc près, et activa les antigravs, qui en l'occurrence servirent de "pro-grav" si l'on nous passe l'expression. Une preudo gravité provenant du monde qu'elle désirait atteindre se manifesta, faisant que sa vitesse orbitale devient trop basse. Naturellement, l'engin descendit pour trouver un nouvel équilibre. Ce faisant, il entra dans les hautes couches de l'atmosphère, et commença le feu de joie. Elle envoya un message à son commandant "Quiconque n'a jamais été au coeur d'une torche de plasma n'a pas vécu !!!" le tout ponctué d'un éclat de rire. Et de fait, Sémirande Rosa Chalmak, protégée par une coque de cinq millimètres d'un matériau incroyablement résistant, confortablement installée sur un matelas pour lequel les rois de jadis auraient donné une fortune, les yeux grand ouverts, contemplait avec émerveillement la queue de la torche au milieu de laquelle elle se trouvait. C'est beau, le plasma... Terrible mais beau.

Le ciel s'éclaircit, le jour fit place à la nuit étoilée. La coquille sans couvercle piquait maintenant directement vers le rond de sable que le Méphisto, avec ses soixante mètres de grand axe, recouvrait presque en totalité. Une petite correction et c'était maintenant vers le navire lui-même qu'elle volait. "Le premier pilote Chalmak en approche. Je me pose sur le dos du Transistel." Elle envoya le même message au contrôle de vol... enfin à ce qui en tenait lieu.

La vitesse étant bien tombée, elle se remit sur le ventre et le vent relatif la saisit, faisant volet sa jupe et décoiffant ses cheveux pourtant coupés très courts. Elle piquait droit sur son navire. Elle détailla la ville apprécia les canaux, se disant qu'elle y ferait bien un tour de bateau, et il fallut redresser pour atterrir.

Un jeune du cru la regardait, mi la trouvant à son goût, mi se demandant comment il allait récupérer le module de descente perché si haut. Sémirande Chalmak lui sourit, mit une pièce de la monnaie locale bien en vue dans la coque et la lui envoya doucement d'un ordre mental. Puis elle en rendit le contrôle à ses propriétaires.

Yessssssss"" dit-elle à voix haute en entrant dans le transistel par le sas supérieur.

C'est
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#30
// Ah oui, au fait, la bafouille ci-dessus : :inlove:
"Par notre sainte patronne Rosalia, je jure d'assurer à travers toute la Galaxie la libre circulation des Etres, leur sécurité et leur confort et de les amener à bon astroport fût-ce au péril de mon vaisseau ou de ma vie."
Serment Navyborg
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