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De l'obscurité à la lumière
#65
[Amorçage]
Messieurs Skribllz et Skrubllz se recueillirent un instant. Ils n'étaient pas depuis bien longtemps sur ce vaisseau, mais à l'instar des humains avec lesquels ils travaillaient, ils avaient appris à aimer cette mécanique ancienne, capricieuse, mais terriblement efficace. Ils s'étaient investis corps et âme auprès de l'humaine dans sa refonte. Ils avaient ressenti comme elle dans leur chair les morsures du monstrueux adversaire. Comme elle, ils avaient refoulé cela, l'avaient mis entre parenthèses.

Il est curieux de constater que ce furent des Etres si différents de Sémirande qui comprirent le mieux son indifférence apparente, adoptant eux-mêmes cette attitude qu'ils étaient bien loin de ressentir.

Puis passèrent à l'action. Ils ouvrirent les vannes de l'antimatière faisant tourner les moteurs à vide. Une fois le processus bien lancé, chacun sur son Varlet modifia un réglage, puis un autre, puis un troisième, ajustant un champ de force ici, strappant deux circuits virtuels là. Cela prit exactement 45 secondes. Puis d'un commun accord les deux Etres firent une ultime "manip".

C'est alors que cela se produisit. Une voix s'éleva, une voix masculine mais très efféminée, parlant calmement dans une langue qui ne ressemblait ni à l'Univerlang ni au Galactique. Elle se mit à répéter la même phrase brève... La même ? Non, une infime variation des termes prononcés avait lieu à chaque répétition.

Les deux panzanopèdes firent ce que tout Etre sensé fait dans ce genre de situation : ils sortirent sans demander leur reste. Ils étaient attendus. La colonelle Banks se tenait à l'entrée de la renverse.
- "Combien de temps ?". demanda-t-elle.
- "Vingt-trois minutes. " répondit monsieur Skribllz.
- "Allons-y alors".
- "Un instant. Le lieutenant Chalmak nous a confié une dernière tâche. " Cette fois c'était monsieur Skrubllz qui avait parlé.
Un simple panneau technique à escamoter, un module à ôter, un code à entrer et la balise de la Connaissance Totale quitta son logement. Elle s'était mise en sécurité selon la procédure d'urgence définie par ses installateurs. Eux seuls sauraient dorénavant la refaire fonctionner.
Sans un mot de plus, les trois Etres grimpèrent dans la cale et sautèrent dans le tube de mercure.

[Pillage]
Il a déjà été dit que ces pirates connaissaient leur métier. Rien que la façon dont ils avaient manœuvré la flottille de Cochonou (Lilith ait son âme) montrait déjà leur savoir faire. D'ailleurs si le Capitaine Lorimon avait été sorti des prisons Impériales pour servir de mercenaire, c'est bien parce qu'il n'était pas un guignol.
Au moment où la colonelle et les deux panzanopèdes quittaient le Méphisto par le dessus, les équipes de cannibaliseurs arrivaient. Certains entraient par le sas, d'autres avaient sauté dans le vide. Ce fut impressionnant. En quatorze minutes, les bulles restantes, les lasers, les diverses malles entreposées en cale, les autocooks : tout ce qui pouvait s'enlever rapidement avait pris le chemin du vaisseau cuivré. Le polyperco faillit provoquer une rixe entre deux forbans, mais un sous-officier les remit immédiatement au pas.

Sept minutes avant l'instant fatidique, un signal retentit dans coms des pirates. Immédiatement, ils lâchèrent ce qu'ils faisaient et se dirigèrent vers leur vaisseau. Ils savaient ce qui les attendaient si ils traînaient. Pas un ne manquait à l'appel deux minutes plus tard quand la flottille pirate repartit en triche-lumière. Cependant, elle émergea à cinq minutes lumière de là, à la demande impérative de madame Banks.

[Divergence virtuelle]
L'énergie développée par les Varlets réglés si bizarrement s'était accumulée dans des replis mystérieux de ces thermocouples si particuliers. Il fallait maintenant qu'elle se libère.
  • A H moins quinze secondes, les deux moteurs se mirent à trembler légèrement, tandis que leur température s'élevait. Les détecteurs d'incendie déclenchèrent les extincteurs.
  • H moins dix secondes : le vaisseau entier se mit à chauffer, à tel point que les systèmes anti-intrusion posés par les techniciens impériaux sur le matériel secret qu'ils avaient installés crurent à une tentative d'effraction. L'auto-destruction fut activée et en divers points du Méphisto des charges de thermites s'allumèrent.
  • A H moins trois secondes une clameur infernale couvrit la voix de fausset qui égrenait imperturbablement sa litanie dans une langue inconnue. Pour un observateur extérieur, la silhouette du Transistel serait apparue rouge cerise, puis rouge clair, puis blanche.
  • H. Les cinq cent tonnes de matière composant le Transistel, antimatière comprise, tentèrent d'occuper le même espace au même instant.
Or cela ne se pouvait pas. Un micro trou noir ne pouvait pas se former, la masse critique n'étant pas atteinte. Donc les atomes rebondirent et une réaction nucléaire s'amorça, mais elle ne fut pas instantanée. Au lieu d'exploser, cette masse s'alluma à la façon d'un feu de bengale, et une micro étoile bleue naquit. Elle brûla en tout et pour tout douze minutes, puis le noir de l'espace reprit ses droits.
Cinq minutes après cette extinction, les pirates reprirent leur route, pressés de mettre le plus d'années-lumière possible entre eux et ces sacrés plaisantins de Kiffs.
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