2010-03-10, 08:37 PM
Khrys le militant régionaliste Wrote:Es ount lou batèu per Dono Norjansk? La chourmo a lougat lou batèu ièr. As pas vist quaucun per nousautre ? 8)Le type eut une nanoseconde la tentation de les envoyer... se faire voir, croisa le regard du soldat, se retint avec une sagesse digne du Bouddah, se gratta la tête et... "Lou batèu per Dono Norjansk ? Astou dirato poko truko. Pesététrar io gaffo. Il regarda dans le même casier, où se trouvaient deux autres rouleaux de parchemin. Il se saisit de l'un d'entre eux "Ah, oui, je l'ai reçu. J'ai oublié. Pah, pas grave ! Allez au port, c'est à 300 mètres. Sourémanté batèo patropouri partirate. Maréo bonardo tré plombos ; trankilo." Il les accompagna à la porte et leur montra une rue qui descendait entre les boutiques illuminées par les lampes-à-quelque-chose-de-liquide-qui-sentait-mauvais. Et quand on pensait que ce type était un des responsable d'un hôtel pour touristes extra-Marins ! Cela dit, celui de ces messieurs qui aurait lu avec attention les conditions faites aux touristes aurait pu en faire le résumé suivant : "Une fois sorti des installations souterraines, ce qui peut vous arriver à vos pommes est pour vos pieds ; et pas la peine d'en déduire la loi de la gravitation universelle : on la connait !"
La rue était très animée. Il y avait des boutiques de partout, et votre Déhèmette peut vous assurer que ce n'étaient pas des pièges à touristes, mais des échoppes de toutes tailles, plus ou moins bien rangées, plus ou moins propres (plutôt moins que plus d'ailleurs) qui ne fermeraient qu'au milieu de la nuit.
C'était bondé, mais il y avait un mouvement de personnes chargées de paquets qui descendaient vers la mer. Ils ne couraient pas, mais leur pas était plus ou moins pressé.
Tao et Karma étaient on l'a dit bien haut dans le ciel. La baie était éclairée d'un belle et riche lumière lunaire, bien meilleure que ce que La Lune n'offrait aux habitants de Notre Sainte Mère le Terre. Ils les virent. Il y en avait sept en tout, dont quatre prêts au départ. Des oiseaux de course, dont le mât-aile était orienté de façon à les "pousser" le moins possible.
Il y avait des canots en bois et à rames sur la grève, et les gens qui arrivaient, chargés de paquets, de balluchons ou même en carrioles tirées par de curieux animaux amphibies évoquant les grands sauriens de certains mondes où les mammifères n'avaient pas eu le dessus.
La plage était donc pratiquement noire de monde : tout le monde s'interpellait, se parlaient, s'invectivait parfois ; il y eut même un début de rixe, et pas de milice pour arrêter cela. L'un des deux protagonistes, un petit homme maigrelet préféra laisser le point à une énorme bonne femme tout en muscle et visiblement dans la force de l'âge. Mais le plus surprenant était qu'il y avait encore des négociations de dernière minute. Monsieur Edelman vit qu'ils n'étaient peut-être pas allés à l'école de la Hanse, mais qu'ils savaient ce qu'ils voulaient. Une de leurs profs leur avait dit une fois : "Méfiez-vous des marchandes de quatre saisons : ce sont des adversaires redoutables." Voyant ces gens, le Marchand eut une pensée reconnaissante envers cette dame.
Une barque partit vers un grand navire qu'on aurait dit phosphorescent sous cette lumière lunaire. Une autre, vide, prit immédiatement sa place.
Madame, qui tenait précieusement l'arc cadeau de monsieur Orkalys lui avait fait, prit appui sur son bras pour retirer ses espadrilles. Voyant cela, mademoiselle Chalmak enleva ses sandales, qu'elle accrocha à son short comme faisaient les gens ici. Enfin, pour ceux qui en avaient un, bien sur.
Que font ces messieurs ?