2014-02-28, 02:48 AM
MdJ Wrote:Bien entendu chacun s’était poliment présenté à Bruhuk, Echangeant quelques mots, même le taciturne Anton Apofis qui grommela en direction du ballik un « enchantéd’vous’renconcontrer » Avant de replonger dans son verre (de jus d’agrume).Le spectacle permit à Oslar de se remettre de ses émotions... La réaction inattendue de Jim lui avait fait du bien, au final, car le vieux routard avait pas vraiment pris à la légère ce qu'il avait dit... Et Oslar le remercia chaleureusement, après le spectacle car sur le moment, il l'avait plutôt trouvé saumâtre... Mais ça permettait de dédramatiser la situation, et il en fut au final super reconnaissant.
La suite du spectacle se déroula sans anicroche particulière.
Ce fût ensuite au tour de Néo Nokobé, qui était revenu avec des cerceaux, des tabourets et de multiples accessoires de taille réduite, adapté à la morphologie des chiots.
Les dix minutes qui suivirent furent peuplées de minuscules boules de poils qui courraient en cercle, faisaient des figures géométrique en quadrilles, qui sautillaient de rythme avec la musique avant dans un grand final que les chiots forment une pyramide dans les deux mains tendues de monsieur Nokobé.
Vient le tour de monsieur Minsk.
Comment dire … Les néo-shakespeariens étaient un mouvement né à Foutenlère, une Université sectorielle sur secteur de Prima il y a six cents ans. Considéré comme archaïques, incompréhensibles les textes antiques et plus particulièrement le Shakespeare dont on avait trouvé les écrits dans les archives de certains manges poussière, avaient été modernisés, expliqué, simplifié …
Subir.
C’était le verbe. Ils subirent pendant presque vingt minutes les déclamations compassées de monsieur Minsk qui à force de décortiquer finissaient par réduire les œuvres qu’il citait en une bouillie infâme aux oreilles de la plupart.
Alors qu’il saluait gravement Léa, tout en sourire figé, les invita à la suivre vers le hangar du formec, seul lieu où la hauteur du plafond permettait à Anton d’exercer son art.
Ce dernier commença par des balles, trois, puis quatre, cinq avant d’y ajouter un chapeau, une quille … Puis il prit des torches … qu’il alluma. Fort heureusement il s’agissait de flammes holographiques, néanmoins lorsque l’on diminua la luminosité l’effet était saisissant, dessinant dans l’obscurité paraboles et runes lumineuses.
Et ce fut terminé … La petite troupe salua à l’unisson et les remercia.
Ils se mêlèrent ensuite à l’équipage, discutant de leurs performance avec ceux qui le souhaitaient. Bien entendu Léa refusa de dévoiler ses trucs et Minsk s’épanchai largement sur les mots qu’il avait choisit.
Chacun put enfin, rassasié, contenté, rejoindre sa cabine ou son poste.
N'ayant pas assisté à la première partie du spectacle (et au comportement... machonneur des chiots), Oslar admira le ballet des petites boules de poils et alla remercier Néo pour sa patience et la vivacité de ses petites bestioles...
Les tirades de Monsieur Minsk et le sabir alambiqué qui les accompagnait furent un peu trop longue pour Oslar, et avec la fatigue et les émotions de la mâtinée, il ne put se retenir de piquer quelques fois du nez....
La performance d'Anton était aussi sympa, et Oslar n'étant que très peu coutumier de spectacles (sur sa planète d'origine, tout le monde est plus dans la survie, ou certaines fois au contraire dans l'excès de fêtes de l'équinoxe, qui se transformaient en général en beuverie, où les bagarres allaient bon train, Oslar préférait rester à étudier les schémas techniques et à se perfectionner à la programmation que d'y aller...), ce genre de performance artistique était inconnue. Il en avait vu en TriD certaines fois, mais c'est une chose de les voir d'un oeil distrait et une autre de voir en direct tout ça.
En plus le technique qui consistait à claquer des mains au début le déconcerta un peu... Sur son monde, on tapait des pieds (ou de la chope), mais bon, c'est vrai que le seul art qui avait vraiment été développé était la danse traditionnelle, ou la musique d'accompagnement de ces danses, 2 arts pour lesquels Oslar était tout sauf doué... Pis ça ne l'intéressait pas vraiment en plus... Pis avec qui aurait-il répété les pas?
Oslar n'avait pas assez de recul pour juger des performances, alors il resta en retrait, et adopta l'attitude moyenne de l'équipage... Quand fut arrivé le tour de se trouver face à Léa, il rougit comme une pivoine, et dit (non sans avoir dégluti avec difficulté "dommage que je n'ai pas pu assister à ton spectacle... D'après ce que j'ai entendu il était très poétique?Je ne savais pas qu'en plus d'être une technicienne, tu faisais aussi partie de la troupe..."
Et là, Léa eu une réaction étrange... Elle lui saisit le poignet, et dit simplement "Petit homme au grand coeur, vous ne le savez pas encore, mais le rêve est votre allié. Il a déposé un cadeau pour vous. cherchez et vous trouverez." et s'en fut gracieusement, libérant le bras qu'elle venait de saisir au niveau du poignet, sur cette parole sibylline et se mêla à d'autres conversations. Oslar en resta comme 2 ronds de fritte.
Puis la fatigue le repris, le petit somme pendant la performance de monsieur Minsk n'avait que recharger que temporairement ses batteries.
Il arriva tout de même à s'excuser en baillant auprès de "l'artiste" en néo-littérature, mais sa performance n'était pas très active par rapport aux autres, et Oslar avait passé une nuit entière à veiller sur les machines, donc la fatigue de la nuit l'avait rattrapé et était en train de le submerger. Mais s'il voulait, Oslar serait enchanté d'écouter son spectacle plus tard dans l'après-midi, s'il n'y avait pas d'impératif technique (et étonnamment, Oslar trouverait bien un moyen de se défiler poliment d'ici là... Quitte à faire sonner son comlink et simuler un appel qui demandait son attention)
Puis Oslar sentit qu'il était vraiment temps de se retirer. Il se dirigea vers le bureau de la commandante, marchant à peine droit car ivre de fatigue. Son bureau étant fermé, il revient à sa cabine et envoya un message à la commandante à partir de son ordinateur disant "Excusez moi de ne pas avoir attendu que vous ayez terminé les mondanités avec nos passagers. Vous pouvez annuler toutes les modifications de mots de passe, je vous expliquerai pourquoi je les ai changé tout à l'heure dés mon réveil. Là, je suis désolé, mais ma nuit de veille dans la salle des machines m'a crevé, je dois me reposer de toutes les émotions de ce début de journée... Oslar"
Et sur ce, alors qu'il se dévétit pour prendre une douche, il sentit une petite épaisseur dans une des poche de poitrine. Il retira de la poche un coquelicot en papier crépon et tige métallique d'à peine 5 cm, un peu froissé, planté dans un petit bout de papier carré d'à peine 3 cm de côté, qui portait une écriture serrée sur laquelle était marqué entre les 2 faces en standard intergalactique "Je pense que vous avez une certaine affinité avec cette fleur. Restez vous-même. Léa"... Ce qui ne manqua pas de faire rougir Oslar. Il prit délicatement la fleur et la mit sur sa table de chevet. Il alla prendre une douche et ne s'endormit qu'avec peine, submergé par des sentiments contradictoires. Etait ce une manière de se moquer de lui, ou alors avait-elle fait ça parce qu'elle avait vraiment remarqué qque chose?
Mais quoi qu'il en soit, à son réveil, il décida de passer le délicat papier sous vernis, histoire que la fleur ne se déchire pas à la première occasion, la passât à l'analyseur moléculaire, pas pour le résultat, mais pour sauvegarder la position exacte de chaque atome de manière à pouvoir la recréer si elle était perdue ou déchirée, et la mit à sa boutonnière...
Puis après avoir prévenu Bruhuk de son réveil, par communicateur interne, il lui expliqua qu'il devait se rendre chez la commandante, et se dirigea au bureau de la commandante... Mais c'est fou comme la petite fleur en papier le fit se sentir plus fort...
Il expliqua calmement à la commandante le pourquoi il n'avait pas pu lui expliquer ses soupçons (au demeurant infondés), et pourquoi il avait décidé de changer tous les codes au cas où nos invités avaient eu de sales intentions...
Et il termina en disant qu'on devrait au niveau de l'équipage déterminer de codes de conversation qui pourraient passer pour anodins pour expliquer des trucs du genre "J'ai un soupçon de danger. Isolons nous pour en discuter dans un endroit " ou "Je parle sous contrainte. Faites l'inverse de ce que je vous dis" ou simplement "Danger! Retirons nous au plus vite!". Même si Oslar sait très bien que ce genre de truc ne peut marcher que s'il n'y a pas de télépathes, au moins ça permettra peut-être de se sauver de problèmes...
Puis sans autre intervention, une demie heure plus tard, il se retrouva avec Bruhuk à bichonner les moteurs, et travailler sur la modification de combinaison NT6 qu'il serait possible de faire, et il discuta sur la manière de modifier la cabine de BRuhuk pour faire de sa chambre un quasi vivarium, qui contiendrait des évaporateurs ultra-soniques pour générer les brumes nécessaires, et les (dé)réglages des circuits de synthétiseurs d'aliments pour qu'ils synthétisent les molécules odorantes et les acides aminés présents dans l'atmosphère de sa planète d'origine. Ces recherches me permirent aussi d'étudier l'inverse pour moi : modifier le circuit de recyclage d'air pour retirer une bonne partie de la vapeur d'eau.
Les plans techniques, les pièces et les listings de programmation des appareils s'entassèrent bientôt, dans des caisses retenues au sols par grappins magnétiques, formant un joyeux bric-à brac.
A la première occasion, une fois seul dans la salle des machines, il demanda timidement par comlink (ou en direct, mais avec plus de maladresse s'il la croise au réfectoire) si Léa voulait bien m'aider sur ces 2 projets qui me tenaient à cœur.
Si elle répond non, sans donner d'explication, Oslar, meurt juste! ^^