2011-01-04, 09:53 PM
Elle secoua la tête … Nous remettons notre destin entre vos mains Sémi. Alors que cette dernière se relevait le regard d’Alna se fit dur, observant au dessus de l’épaule de la cyborg quelque chose.
Mais par pitié ne croyez pas comme la moitié de ces gens (elle regardait l’équipage d’un navire marchand, qui passait non loin, indifférent à la foule qu’ils traversaient), que nous sommes des arriérés. Nous ne sommes pas à notre place, c’est tout.
Elle secoua la tête lorsque les membres d’équipage disparurent à l’intérieur de leur navire. Merci en tout cas de votre aide.
Sémirande après les avoir salué se leva et se mit au travail.
Les heures suivantes furent riches de rencontres et de contrariétés : Les réfugiés étaient au centre d’un nœud gordien. Ils venaient d’un monde isolé, une lune orbitant autour d’une géante jovienne à une poignée d’années lumière. Un monde ravagé depuis des mois par des pluies de météorites, par les restes d’une planète errante qui avait été dévié de sa trajectoire et qui se dirigeait droit vers eux, attiré par le champ de leur géante.
Ils n’étaient que quelques milliers. Des colons de quatrième génération qui avaient quitté, à ce qu’ils s’en souvenaient, les sous-sols crasseux d’une planète impériale industrielle pour des horizons plus dégagés.
L’évacuation de leur havre de paix perdu s’était déroulé dans le chaos. Il fallut au conseil planétaire trouver des navires, de l’aide, pour s’enfuir. Un soi disant ambassadeur de la république du cygne était venu à leur rencontre, leur proposant d’affréter un navire et de leur offrir des terres sur le continent sud de Prospero. Evidement il fallut payer.
Mais le vieux classe III qui les avait embarqué, le « r0b1n » battant pavillon de Tortuga, n’avait rien d’un croiseur républicain. Ils n’étaient qu’une centaine, un village. Ils avaient embarqué plein d’espoir, avec toutes leurs richesses et de quoi semer une nouvelle récolte.
Tout cela avait été perdu, disparu, lorsqu’à l’approche de la station d’Estébois le r0b1n avait simulé une avarie de moteur et les avaient largué des sphères gonflables de survie.
Une vrai saleté ces trucs là. Sémirande avait le souvenir d’en avoir vu au musée de la guilde. Des bulles individuelles gonflables, avec un petit recycleur d’air, une balise d’émission hertzienne, quelques rations et un peu d’eau. De quoi survivre quelques dizaines d’heures en priant pour qu’on vous retrouve. Strictement interdit aujourd’hui sur tous les navires impériaux, de l’A12S ou de la République du Cygne.
Il avait fallu plusieurs heures pour tous les récupérer, dispersé dérivant follement.
Depuis tout le monde se renvoyait la balle : leurs visas étaient faux et les autorités de la république n’avaient jamais entendu parler d’eux ; les gens d’Estébois ne voulaient pas d’eux non plus, sauf la théocratie bien entendu.
Sous l’impulsion d’Alna ils n’avaient pas encore signé, laissant dire, écoutant. Mais visiblement certains et certaines commençaient à se laisser séduire.
Après avoir fait le pied de grue elle obtint un rendez-vous avec le responsable de la station : un capitaine qui avait l’air d’être sur le point de faire une crise cardiaque d’épuisement. Elle voulait s’en occuper ? Bien ! Elle avait sa bénédiction, mais elle serait seule : ses services ne pouvaient pas lui détacher un seul homme.
Le logement fut le plus simple : des casernements d’urgence étaient disponibles pour des navires militaires en escale. Après autorisation, verrouillage de certains accès ils purent déménager et retrouver des conditions de vie décentes. Sémirande, de passage, assista à la douche sonique collective des enfants. Un sacré foutoir : c’était leur première douche sonique.
Elle trouva des pads pour faire passer un petit test d’évaluation à tous ces gens. Les résultats furent contrastés : ils savaient tous lire et écrire, étaient intelligents pour la plupart, mais question technologie supérieur au NT4 ils n’avaient que peu de connaissance.
Un officier d’Etat Civil, finit par la recevoir. Il lu avec intérêt les tests qu’elle lui apporta. Il était possible de les accueillir, de leur donner des terres en fermage sur le domaine de l’Etat, à Borders. Il délivrerait les visas, à condition qu’elle leur trouve un acheminement.
Restait donc à leur trouver un moyen de transport.
Les navires qui étaient à quai n’étaient pas nombreux à pouvoir embarquer un tel nombre de passager. Seul un navire commercial, un navire battant pavillon de Jonction pouvait convenir : Le « Krab ». Un ancien navire hôpital réaffecté, qui visiblement avait gardé une grande partie de ses capacités de transport passager. Elle insista pour rencontrer son capitaine.
Après avoir été éconduite, poliment dans un premier temps, grossièrement ensuite, elle finit par coincer celui-ci dans un bar du quartier militaire. Un bar semi-automatisé qui avait pour seul attrait une jolie vue sur les étoiles.
Le lieu déserté par les soldats (qui avaient bien d’autres choses à faire) tournait au ralenti. Le capitaine Rodveg était un homme petit, aux traits lourds. Brun, légèrement dégarni, il était en train de jouer aux cartes avec deux hommes et une femme de son équipage.
Une bouteille au liquide ambré, un verre à moitié rempli du même liquide titrant plus de 40 ° et un cigarillo fumant complétait le tableau.
Il leva légèrement les yeux en la voyant entrer seule. Et replongea dans ses cartes après avoir échangé une remarque qui fit ricaner son voisin de droite, un malabar dont les muscles artificiels, synthétiques, étaient couverts de tatouages formant des mots éphémères, mobiles : « Ad unumn », « pas vu, pas pris », «Marche avec ta haine » …
La lampe flottante éclairait la table, une oasis de lumière au sein d’une salle plongée dans l’obscurité.
Elle s’approcha : le capitaine, après avoir fait passé d’un coté à l’autre de sa bouche son cigarillo dans y toucher, lui demanda :
Elle veut se joindre à nous la jolie demoiselle ?
Mais par pitié ne croyez pas comme la moitié de ces gens (elle regardait l’équipage d’un navire marchand, qui passait non loin, indifférent à la foule qu’ils traversaient), que nous sommes des arriérés. Nous ne sommes pas à notre place, c’est tout.
Elle secoua la tête lorsque les membres d’équipage disparurent à l’intérieur de leur navire. Merci en tout cas de votre aide.
Sémirande après les avoir salué se leva et se mit au travail.
Les heures suivantes furent riches de rencontres et de contrariétés : Les réfugiés étaient au centre d’un nœud gordien. Ils venaient d’un monde isolé, une lune orbitant autour d’une géante jovienne à une poignée d’années lumière. Un monde ravagé depuis des mois par des pluies de météorites, par les restes d’une planète errante qui avait été dévié de sa trajectoire et qui se dirigeait droit vers eux, attiré par le champ de leur géante.
Ils n’étaient que quelques milliers. Des colons de quatrième génération qui avaient quitté, à ce qu’ils s’en souvenaient, les sous-sols crasseux d’une planète impériale industrielle pour des horizons plus dégagés.
L’évacuation de leur havre de paix perdu s’était déroulé dans le chaos. Il fallut au conseil planétaire trouver des navires, de l’aide, pour s’enfuir. Un soi disant ambassadeur de la république du cygne était venu à leur rencontre, leur proposant d’affréter un navire et de leur offrir des terres sur le continent sud de Prospero. Evidement il fallut payer.
Mais le vieux classe III qui les avait embarqué, le « r0b1n » battant pavillon de Tortuga, n’avait rien d’un croiseur républicain. Ils n’étaient qu’une centaine, un village. Ils avaient embarqué plein d’espoir, avec toutes leurs richesses et de quoi semer une nouvelle récolte.
Tout cela avait été perdu, disparu, lorsqu’à l’approche de la station d’Estébois le r0b1n avait simulé une avarie de moteur et les avaient largué des sphères gonflables de survie.
Une vrai saleté ces trucs là. Sémirande avait le souvenir d’en avoir vu au musée de la guilde. Des bulles individuelles gonflables, avec un petit recycleur d’air, une balise d’émission hertzienne, quelques rations et un peu d’eau. De quoi survivre quelques dizaines d’heures en priant pour qu’on vous retrouve. Strictement interdit aujourd’hui sur tous les navires impériaux, de l’A12S ou de la République du Cygne.
Il avait fallu plusieurs heures pour tous les récupérer, dispersé dérivant follement.
Depuis tout le monde se renvoyait la balle : leurs visas étaient faux et les autorités de la république n’avaient jamais entendu parler d’eux ; les gens d’Estébois ne voulaient pas d’eux non plus, sauf la théocratie bien entendu.
Sous l’impulsion d’Alna ils n’avaient pas encore signé, laissant dire, écoutant. Mais visiblement certains et certaines commençaient à se laisser séduire.
Après avoir fait le pied de grue elle obtint un rendez-vous avec le responsable de la station : un capitaine qui avait l’air d’être sur le point de faire une crise cardiaque d’épuisement. Elle voulait s’en occuper ? Bien ! Elle avait sa bénédiction, mais elle serait seule : ses services ne pouvaient pas lui détacher un seul homme.
Le logement fut le plus simple : des casernements d’urgence étaient disponibles pour des navires militaires en escale. Après autorisation, verrouillage de certains accès ils purent déménager et retrouver des conditions de vie décentes. Sémirande, de passage, assista à la douche sonique collective des enfants. Un sacré foutoir : c’était leur première douche sonique.
Elle trouva des pads pour faire passer un petit test d’évaluation à tous ces gens. Les résultats furent contrastés : ils savaient tous lire et écrire, étaient intelligents pour la plupart, mais question technologie supérieur au NT4 ils n’avaient que peu de connaissance.
Un officier d’Etat Civil, finit par la recevoir. Il lu avec intérêt les tests qu’elle lui apporta. Il était possible de les accueillir, de leur donner des terres en fermage sur le domaine de l’Etat, à Borders. Il délivrerait les visas, à condition qu’elle leur trouve un acheminement.
Restait donc à leur trouver un moyen de transport.
Les navires qui étaient à quai n’étaient pas nombreux à pouvoir embarquer un tel nombre de passager. Seul un navire commercial, un navire battant pavillon de Jonction pouvait convenir : Le « Krab ». Un ancien navire hôpital réaffecté, qui visiblement avait gardé une grande partie de ses capacités de transport passager. Elle insista pour rencontrer son capitaine.
Après avoir été éconduite, poliment dans un premier temps, grossièrement ensuite, elle finit par coincer celui-ci dans un bar du quartier militaire. Un bar semi-automatisé qui avait pour seul attrait une jolie vue sur les étoiles.
Le lieu déserté par les soldats (qui avaient bien d’autres choses à faire) tournait au ralenti. Le capitaine Rodveg était un homme petit, aux traits lourds. Brun, légèrement dégarni, il était en train de jouer aux cartes avec deux hommes et une femme de son équipage.
Une bouteille au liquide ambré, un verre à moitié rempli du même liquide titrant plus de 40 ° et un cigarillo fumant complétait le tableau.
Il leva légèrement les yeux en la voyant entrer seule. Et replongea dans ses cartes après avoir échangé une remarque qui fit ricaner son voisin de droite, un malabar dont les muscles artificiels, synthétiques, étaient couverts de tatouages formant des mots éphémères, mobiles : « Ad unumn », « pas vu, pas pris », «Marche avec ta haine » …
La lampe flottante éclairait la table, une oasis de lumière au sein d’une salle plongée dans l’obscurité.
Elle s’approcha : le capitaine, après avoir fait passé d’un coté à l’autre de sa bouche son cigarillo dans y toucher, lui demanda :
Elle veut se joindre à nous la jolie demoiselle ?