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		<title><![CDATA[Archives Galactiques  - Par delà les confins...]]></title>
		<link>https://pbf.empiregalactique.site/</link>
		<description><![CDATA[Archives Galactiques  - https://pbf.empiregalactique.site]]></description>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 22:13:17 +0000</pubDate>
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		<item>
			<title><![CDATA[Horizon de nuages]]></title>
			<link>https://pbf.empiregalactique.site/showthread.php?tid=1138</link>
			<pubDate>Wed, 17 Jul 2013 14:12:27 +0200</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="https://pbf.empiregalactique.site/member.php?action=profile&uid=40">Gurv Hemmedeji</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">https://pbf.empiregalactique.site/showthread.php?tid=1138</guid>
			<description><![CDATA[<span style="font-size: 15pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Système d'Ophius-Rauxel, Lure 1 Tierce 1505 CS</span></span><br />
<br />
Le Lilith navigua en direction du Sud galactique pendant cinq jours et demi, quittant le secteur de Kerzut, aussi connu par le passé sous le nom plus prosaïque de Zone 312/54A8, et pénétrant dans une région très peu explorée de la Bordure, à la frange du Bras d'Orion. Ce secteur ainsi que celui immédiatement adjacent, à l'Est galactique, avaient été cartographiés par le Cadastre Impérial en même temps que le secteur Dante Aloïsi plus au Nord, puis comme ce dernier, étaient retombés dans l'oubli pendant les deux millénaires qui avaient vu l'Empire trembler sur ses fondations. S'ils étaient officiellement placés sous protectorat de Sa Majesté l'Empereur, ils étaient dans les faits laissés à la disposition de qui avait la volonté et les ressources nécessaires pour y prospecter. Il n'était donc pas surprenant que l'Alliance y maintienne une base de surveillance et de recherches ethnologiques tel que celle du système d'Ophius-Rauxel, qui ne devait pas être son seul avant-poste dans le secteur.<br />
<br />
Au fur et à mesure des retranslations en Espace newtonien, les occupants du vaisseau virent grossir nébuleuses et amas stellaires, rivières de gaz et de poussières reflétant la lumière des étoiles en draperies évanescentes aux tons chamarrés, allant du violet au vert en passant par toutes les teintes possibles de rouge, d'orange et de jaune. Tandis qu'ils approchaient de leur objectif, les rencontres avec des navires battant pavillon de l'Alliance se multiplièrent. Comme pour le système de Vélag, il y avait une zone d'interdiction dans un rayon de 6 AL autour d'Ophius-Rauxel, et des patrouilles exerçant une surveillance vigilante jusqu'à dix fois cette distance.<br />
<br />
Finalement, au bout de cent trente et une heures de voyage, le Lilith créa son point de Vérité au large d'Ophius. L'énorme planète gazeuse, ceinte d'un complexe système d'anneaux brillants, essentiellement composés de poussières et de morceaux de glace, s'inscrivit derrière les baies d'observation panoramiques de la passerelle et sur tous les moniteurs holos connectés aux imageurs extérieurs. L'ordinav reçut aussitôt des vecteurs d'approche émis par une balise de navigation proche sur gammes hertziennes et hyperondes à courte portée. Monsieur Azad accusa réception et activa le programme infopilote. Le navire accéléra instantanément à vitesse orbitale et décrivit une longue trajectoire tendue qui l'amena en moins d'une demie-heure à quelques kilomètres d'<a href="http://www.encyclopedie-galactique.com/viewtopic.php?f=100&amp;t=1766&amp;p=28475#p28475" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Ast Ophii 94</a>. Il s'agissait d'un caillou irrégulier de huit cents mètres dans sa plus grande dimension, un astéroïde de type C qui n'avait été choisi pour établir la station-relais alliée qu'en raison de sa richesse en carbone. Un habitat toroïdal de mille six cent mètres de diamètre entourait le corps patatoïde, lui donnant l'aspect d'une réplique miniature de la géante gazeuse aux anneaux autour de laquelle l'ensemble gravitait. L'habitat était fixe, relié par trois colonnes radiales aux installations de surface de l'astéroïde.<br />
<br />
Le Lilith réduisit sa vitesse, parcourut un quart de circonférence autour de la station avant d'effectuer son approche finale du dock et de s'y amarrer avec délicatesse.<br />
<br />
Ils étaient arrivés à la deuxième étape de leur voyage.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<span style="font-size: 15pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Système d'Ophius-Rauxel, Lure 1 Tierce 1505 CS</span></span><br />
<br />
Le Lilith navigua en direction du Sud galactique pendant cinq jours et demi, quittant le secteur de Kerzut, aussi connu par le passé sous le nom plus prosaïque de Zone 312/54A8, et pénétrant dans une région très peu explorée de la Bordure, à la frange du Bras d'Orion. Ce secteur ainsi que celui immédiatement adjacent, à l'Est galactique, avaient été cartographiés par le Cadastre Impérial en même temps que le secteur Dante Aloïsi plus au Nord, puis comme ce dernier, étaient retombés dans l'oubli pendant les deux millénaires qui avaient vu l'Empire trembler sur ses fondations. S'ils étaient officiellement placés sous protectorat de Sa Majesté l'Empereur, ils étaient dans les faits laissés à la disposition de qui avait la volonté et les ressources nécessaires pour y prospecter. Il n'était donc pas surprenant que l'Alliance y maintienne une base de surveillance et de recherches ethnologiques tel que celle du système d'Ophius-Rauxel, qui ne devait pas être son seul avant-poste dans le secteur.<br />
<br />
Au fur et à mesure des retranslations en Espace newtonien, les occupants du vaisseau virent grossir nébuleuses et amas stellaires, rivières de gaz et de poussières reflétant la lumière des étoiles en draperies évanescentes aux tons chamarrés, allant du violet au vert en passant par toutes les teintes possibles de rouge, d'orange et de jaune. Tandis qu'ils approchaient de leur objectif, les rencontres avec des navires battant pavillon de l'Alliance se multiplièrent. Comme pour le système de Vélag, il y avait une zone d'interdiction dans un rayon de 6 AL autour d'Ophius-Rauxel, et des patrouilles exerçant une surveillance vigilante jusqu'à dix fois cette distance.<br />
<br />
Finalement, au bout de cent trente et une heures de voyage, le Lilith créa son point de Vérité au large d'Ophius. L'énorme planète gazeuse, ceinte d'un complexe système d'anneaux brillants, essentiellement composés de poussières et de morceaux de glace, s'inscrivit derrière les baies d'observation panoramiques de la passerelle et sur tous les moniteurs holos connectés aux imageurs extérieurs. L'ordinav reçut aussitôt des vecteurs d'approche émis par une balise de navigation proche sur gammes hertziennes et hyperondes à courte portée. Monsieur Azad accusa réception et activa le programme infopilote. Le navire accéléra instantanément à vitesse orbitale et décrivit une longue trajectoire tendue qui l'amena en moins d'une demie-heure à quelques kilomètres d'<a href="http://www.encyclopedie-galactique.com/viewtopic.php?f=100&amp;t=1766&amp;p=28475#p28475" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Ast Ophii 94</a>. Il s'agissait d'un caillou irrégulier de huit cents mètres dans sa plus grande dimension, un astéroïde de type C qui n'avait été choisi pour établir la station-relais alliée qu'en raison de sa richesse en carbone. Un habitat toroïdal de mille six cent mètres de diamètre entourait le corps patatoïde, lui donnant l'aspect d'une réplique miniature de la géante gazeuse aux anneaux autour de laquelle l'ensemble gravitait. L'habitat était fixe, relié par trois colonnes radiales aux installations de surface de l'astéroïde.<br />
<br />
Le Lilith réduisit sa vitesse, parcourut un quart de circonférence autour de la station avant d'effectuer son approche finale du dock et de s'y amarrer avec délicatesse.<br />
<br />
Ils étaient arrivés à la deuxième étape de leur voyage.]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Ophius-Rauxel : Données astrographiques]]></title>
			<link>https://pbf.empiregalactique.site/showthread.php?tid=1136</link>
			<pubDate>Sat, 13 Jul 2013 01:03:20 +0200</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="https://pbf.empiregalactique.site/member.php?action=profile&uid=40">Gurv Hemmedeji</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">https://pbf.empiregalactique.site/showthread.php?tid=1136</guid>
			<description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="text-decoration: underline;" class="mycode_u"><span style="font-size: 15pt;" class="mycode_size">Ophius-Rauxel</span></span></span><br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">(RG 75812,32615,5247)</span><br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Rauxel :</span><ul class="mycode_list"><li>Type M2VI (sous-naine rouge-orangée)<br />
</li>
<li>0,35 rayons stellaires standards (243.421 kms)<br />
</li>
<li>Planètes : 1 (Ophius)</li>
</ul>
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Ophius :</span><br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Type :</span> Géante gazeuse<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Taille :</span> <ul class="mycode_list"><li>diamètre équatorial 192.649 kms, <br />
</li>
<li>diamètre polaire 177.235 kms<br />
</li>
<li>aplatissement 0,08</li>
</ul>
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Période de rotation :</span> 18 heures<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Gravité :</span> 1,12 g<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Atmosphère :</span> Dihydrogène H2 94%, Hélium He 5%, Vapeur d'eau H2O 0,3%, Méthane CH4 0,1%, Ammoniac NH3 0,01%<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Satellites : </span><br />
- Un système d'anneaux s'étendant de 12.000 à 140.000 kms à l'équateur, avec une épaisseur allant de 50 à 500 mètres<br />
- 362 astéroïdes et noyaux cométaires capturés<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Appartenance politique :</span> Alliance des Douze Soleils<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Niveau technologique :</span> NT3<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Installations spatiales :</span> Une station-relais orbitale de la Commission d'Expansion Coloniale (+/- 100 occupants)<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Population estimée :</span> 20 millions d'habitants (90% humains, 10% exotiques)<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="text-decoration: underline;" class="mycode_u">Histoire :</span></span><br />
<br />
	Alors que le Benny Hill terminait son voyage de dix-huit mois depuis Prima et commençait à explorer l'espace de la Bordure qui serait bientôt connu sous le nom d'Alliance des Douze Soleils, les partisans de Stella de Solaria qui avaient pris place à son bord n'étaient plus aussi unis qu'au moment du départ du Centre, qui s'était effectué dans l'exaltation du tour joué aux institutions impériales par leur illustre dirigeante. Certaines factions réunies par leurs croyances religieuses rigoristes s'accomodaient mal de la philosophie libertaire qui se dessinait pour l'utopie de Stella et décidèrent d'aller fonder leurs propres colonies dans les mondes de la Bordure.<br />
<br />
	Onze Classe V quittèrent le bord du Lehouine. Ils n'étaient plus que six lorsqu'ils se matérialisèrent dans le système de Rauxel après quatre ans d'errance dans les confins de l'Alliance. Péripéties du Triche-Lumière, rencontres avec des pirates, luttes armées entre factions opposées sur des détails de leurs dogmes communs, les raisons de la perte de la moitié de la flotille ne sont pas connues. Mais leurs navires ne pourraient pas aller plus loin.<br />
<br />
	Seulement, Rauxel n'avait qu'un compagnon planétaire, une géante gazeuse de type jovienne dotée d'un complexe système d'anneaux, qui fut baptisée Ophius. Aucun des satellites naturels en orbite autour de celle-ci ne dépassait la taille d'un patatoïde de quelques dizaines de kilomètres. Les nouveaux arrivants ne disposaient pas des équipements lourds ni du savoir-faire qui leur auraient permis de creuser un astéroïde et d'y générer une gravité artificielle. Leurs dogmes religieux leurs interdisaient de pratiquer sur leurs organismes les traitements biotechnologiques d'adaptation à la vie en microgravité  qui avaient permis l'établissement de certaines arcologies orbitales prospères à l'époque héroïque de l'exploration interstellaire. Ils étaient donc théoriquement condamnés à l'étiolement et à la disparition. Mais ils envoyèrent des sondes explorer la haute atmosphère d'Ophius et y découvrirent un environnement grouillant d'une vie étrange, où ils pourraient s'établir.<br />
<br />
	Ils descendirent et se répandirent parmi les nuages d'Ophius. Mais les caractéristiques très particulières de cet écosystème, son absence de métaux lourds, ainsi que le poids des croyances que les colons avaient emporté avec eux, provoqua le même type de régression culturelle et technologique que celui qui s'était produit sur Marine.<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="text-decoration: underline;" class="mycode_u">Ecosystème :</span></span><br />
<br />
	Malgré son hostilité, plusieurs formes de vie se sont développées dans les hautes couches de l’atmosphère d'Ophius, là où la pression et la température le permettent (de  0,5 à 1,5 bars et entre 170K et 220K). <br />
<br />
	Au bas de la chaine alimentaire se trouvent les <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">diaphes</span>. Il s'agit d'aéroplancton, un organisme issu de la vase d'aérosols organiques brassés dans les profondeurs de l'atmosphère d'Ophius. Certaines ressemblent à de la bourre de coton au noyau de la taille d'un grain de riz, d'autres sont translucides, allongées et cillées, évoquant un calmar de la taille d'une main humaine. Elles évoluent en colonies comptant des centaines de millions, voire des milliards d'individus. Certaines variétés infectent les zeplins ou le verlichen des aérostats.<br />
<br />
	Les <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">planêles</span> sont des formes de vie aérozoaire au corps fusiforme et tétraptère. Leurs deux paires d'ailes symétriques font cinq à vingt mètres d'envergure et sont prolongées de lames cartilagineuses articulées évoquant des aérofreins. La longueur de l'aileron caudal détermine l'âge de la créature. Leur chair est impropre à la consommation humaine. Il en existe trois espèces principales qui sont toutes ovipares. La planêle-écope est une variété géante qui se nourrit de diaphes draguées à l'aide de voiles de peau qu'elle déploie sous ses ailes. Le Plongeur est une planêle carnassière aux ailes antérieures hypertrophiées attaquant les zeplins en piqué. Enfin, le Sabreur est une variété de planêle dotée d'ailerons en chitine tranchants, se déplaçant en meutes de dizaines voire de centaines d'individus et attaquant indifféremment zeplins et aérostats. Ce ne sont pas des carnassiers et ils ne percent l'épiderme des zeplins que pour y déposer leurs oeufs.<br />
<br />
	Enfin les <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">zeplins</span> sont des pseudo-cnidaires de dimensions gigantesques. Leur morphologie est celle d'une méduse qui peut atteindre cinq kilomètres de diamètre. Ils sont constitués de sacs de gaz à évents, surmontés d'un dôme carné et prolongés de fouets-paratonnerre de plusieurs kilomètres de long qui servent aussi à catalyser certaines réactions chimiques internes. Créature solitaire, le zeplin flotte dans les nuages d'Ophius à la recherche de bancs de diaphes dont il se nourrit. Sa chair est une gelée polymère non comestible mais dotée d'une grande faculté de régénération.<br />
<br />
	Aucune de ces formes de vie n’est intelligente.<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="text-decoration: underline;" class="mycode_u">Culture :</span></span><br />
<br />
	Les habitants d'Ophius vivent dans des cités-aérostats dirigeables. Il s'agit d'assemblages de ponts et de ballonnets d'hydrogène réchauffé par des brûleurs, qui peuvent mesurer jusqu'à un kilomètre de longueur. Ils sont protégés par une enveloppe souple de toile tendue, recouverte d'une couche végétale que les locaux appellent verlichen. On distingue plusieurs tailles de cités-dirigeables. D'abord les corvelles, de petits aérostats de 15 ponts maximum généralement dédiés à la collecte de cails ou à la chasse aux planêles. Ensuite les frègues, aérostats de 15 à 30 ponts, spécialisés dans la chasse aux planêles ou aux zeplins. Ce sont les plus nombreuses dans l'atmosphère d'Ophius. Enfin, les galliotes : ce sont des cités-dirigeables de très grande taille, jusqu'à 60 ponts, pouvant abriter jusqu'à deux mille occupants.<br />
<br />
	Il y a plusieurs milliers de cités-dirigeables, qui se déplacent quasiment toutes dans une formation nuageuse en forme de ruban située autour de l'équateur d'Ophius, la Bande Cardiale. La vie à bord, plutôt rude, est organisée selon un système de castes, dont les plus prestigieuses sont les Manoeuvriers chargés du pilotage des cités-dirigeables et de la navigation ; les Eoliens chargés de la manoeuvre et de l'entretien des systèmes d'équilibrage de pression ; les Cuviers spécialistes du traitement des matières premières dans les cuves à bactéries ; et surtout les Calfateurs, une des plus puissantes castes, qui a la charge d'entretenir l'enveloppe des aérostats et d'en assurer l'étanchéité. <br />
<br />
	Des conflits se produisent fréquemment entre cités-dirigeables. Une partie de la population reste cependant neutre dans ces conflits : ce sont les Pourvoyeurs, marchands qui servent d'intermédiaires et qui vendent du métal et des objets de haute technologie (récupérés dans les Classe V) contre des denrées périssables et de la toile. Il n'y a pas plus d'une centaine de cités-dirigeables de Pourvoyeurs. C'est presque exclusivement parmi eux qu'on trouve la population d'exotiques d'Ophius.<br />
<br />
	Dans tous les cultes ayant cours à bord des cités-dirigeables, on peut signaler la présence d'une légende commune : le Festland, un continent aérien mythique flottant sur les nuages.<br />
<br />
	Les Ophiusiens parlent une version surannée de l'univerlang, qui n'a pas évolué en raison de leur isolement pendant les quinze derniers siècles.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="text-decoration: underline;" class="mycode_u"><span style="font-size: 15pt;" class="mycode_size">Ophius-Rauxel</span></span></span><br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">(RG 75812,32615,5247)</span><br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Rauxel :</span><ul class="mycode_list"><li>Type M2VI (sous-naine rouge-orangée)<br />
</li>
<li>0,35 rayons stellaires standards (243.421 kms)<br />
</li>
<li>Planètes : 1 (Ophius)</li>
</ul>
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Ophius :</span><br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Type :</span> Géante gazeuse<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Taille :</span> <ul class="mycode_list"><li>diamètre équatorial 192.649 kms, <br />
</li>
<li>diamètre polaire 177.235 kms<br />
</li>
<li>aplatissement 0,08</li>
</ul>
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Période de rotation :</span> 18 heures<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Gravité :</span> 1,12 g<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Atmosphère :</span> Dihydrogène H2 94%, Hélium He 5%, Vapeur d'eau H2O 0,3%, Méthane CH4 0,1%, Ammoniac NH3 0,01%<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Satellites : </span><br />
- Un système d'anneaux s'étendant de 12.000 à 140.000 kms à l'équateur, avec une épaisseur allant de 50 à 500 mètres<br />
- 362 astéroïdes et noyaux cométaires capturés<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Appartenance politique :</span> Alliance des Douze Soleils<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Niveau technologique :</span> NT3<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Installations spatiales :</span> Une station-relais orbitale de la Commission d'Expansion Coloniale (+/- 100 occupants)<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Population estimée :</span> 20 millions d'habitants (90% humains, 10% exotiques)<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="text-decoration: underline;" class="mycode_u">Histoire :</span></span><br />
<br />
	Alors que le Benny Hill terminait son voyage de dix-huit mois depuis Prima et commençait à explorer l'espace de la Bordure qui serait bientôt connu sous le nom d'Alliance des Douze Soleils, les partisans de Stella de Solaria qui avaient pris place à son bord n'étaient plus aussi unis qu'au moment du départ du Centre, qui s'était effectué dans l'exaltation du tour joué aux institutions impériales par leur illustre dirigeante. Certaines factions réunies par leurs croyances religieuses rigoristes s'accomodaient mal de la philosophie libertaire qui se dessinait pour l'utopie de Stella et décidèrent d'aller fonder leurs propres colonies dans les mondes de la Bordure.<br />
<br />
	Onze Classe V quittèrent le bord du Lehouine. Ils n'étaient plus que six lorsqu'ils se matérialisèrent dans le système de Rauxel après quatre ans d'errance dans les confins de l'Alliance. Péripéties du Triche-Lumière, rencontres avec des pirates, luttes armées entre factions opposées sur des détails de leurs dogmes communs, les raisons de la perte de la moitié de la flotille ne sont pas connues. Mais leurs navires ne pourraient pas aller plus loin.<br />
<br />
	Seulement, Rauxel n'avait qu'un compagnon planétaire, une géante gazeuse de type jovienne dotée d'un complexe système d'anneaux, qui fut baptisée Ophius. Aucun des satellites naturels en orbite autour de celle-ci ne dépassait la taille d'un patatoïde de quelques dizaines de kilomètres. Les nouveaux arrivants ne disposaient pas des équipements lourds ni du savoir-faire qui leur auraient permis de creuser un astéroïde et d'y générer une gravité artificielle. Leurs dogmes religieux leurs interdisaient de pratiquer sur leurs organismes les traitements biotechnologiques d'adaptation à la vie en microgravité  qui avaient permis l'établissement de certaines arcologies orbitales prospères à l'époque héroïque de l'exploration interstellaire. Ils étaient donc théoriquement condamnés à l'étiolement et à la disparition. Mais ils envoyèrent des sondes explorer la haute atmosphère d'Ophius et y découvrirent un environnement grouillant d'une vie étrange, où ils pourraient s'établir.<br />
<br />
	Ils descendirent et se répandirent parmi les nuages d'Ophius. Mais les caractéristiques très particulières de cet écosystème, son absence de métaux lourds, ainsi que le poids des croyances que les colons avaient emporté avec eux, provoqua le même type de régression culturelle et technologique que celui qui s'était produit sur Marine.<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="text-decoration: underline;" class="mycode_u">Ecosystème :</span></span><br />
<br />
	Malgré son hostilité, plusieurs formes de vie se sont développées dans les hautes couches de l’atmosphère d'Ophius, là où la pression et la température le permettent (de  0,5 à 1,5 bars et entre 170K et 220K). <br />
<br />
	Au bas de la chaine alimentaire se trouvent les <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">diaphes</span>. Il s'agit d'aéroplancton, un organisme issu de la vase d'aérosols organiques brassés dans les profondeurs de l'atmosphère d'Ophius. Certaines ressemblent à de la bourre de coton au noyau de la taille d'un grain de riz, d'autres sont translucides, allongées et cillées, évoquant un calmar de la taille d'une main humaine. Elles évoluent en colonies comptant des centaines de millions, voire des milliards d'individus. Certaines variétés infectent les zeplins ou le verlichen des aérostats.<br />
<br />
	Les <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">planêles</span> sont des formes de vie aérozoaire au corps fusiforme et tétraptère. Leurs deux paires d'ailes symétriques font cinq à vingt mètres d'envergure et sont prolongées de lames cartilagineuses articulées évoquant des aérofreins. La longueur de l'aileron caudal détermine l'âge de la créature. Leur chair est impropre à la consommation humaine. Il en existe trois espèces principales qui sont toutes ovipares. La planêle-écope est une variété géante qui se nourrit de diaphes draguées à l'aide de voiles de peau qu'elle déploie sous ses ailes. Le Plongeur est une planêle carnassière aux ailes antérieures hypertrophiées attaquant les zeplins en piqué. Enfin, le Sabreur est une variété de planêle dotée d'ailerons en chitine tranchants, se déplaçant en meutes de dizaines voire de centaines d'individus et attaquant indifféremment zeplins et aérostats. Ce ne sont pas des carnassiers et ils ne percent l'épiderme des zeplins que pour y déposer leurs oeufs.<br />
<br />
	Enfin les <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">zeplins</span> sont des pseudo-cnidaires de dimensions gigantesques. Leur morphologie est celle d'une méduse qui peut atteindre cinq kilomètres de diamètre. Ils sont constitués de sacs de gaz à évents, surmontés d'un dôme carné et prolongés de fouets-paratonnerre de plusieurs kilomètres de long qui servent aussi à catalyser certaines réactions chimiques internes. Créature solitaire, le zeplin flotte dans les nuages d'Ophius à la recherche de bancs de diaphes dont il se nourrit. Sa chair est une gelée polymère non comestible mais dotée d'une grande faculté de régénération.<br />
<br />
	Aucune de ces formes de vie n’est intelligente.<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="text-decoration: underline;" class="mycode_u">Culture :</span></span><br />
<br />
	Les habitants d'Ophius vivent dans des cités-aérostats dirigeables. Il s'agit d'assemblages de ponts et de ballonnets d'hydrogène réchauffé par des brûleurs, qui peuvent mesurer jusqu'à un kilomètre de longueur. Ils sont protégés par une enveloppe souple de toile tendue, recouverte d'une couche végétale que les locaux appellent verlichen. On distingue plusieurs tailles de cités-dirigeables. D'abord les corvelles, de petits aérostats de 15 ponts maximum généralement dédiés à la collecte de cails ou à la chasse aux planêles. Ensuite les frègues, aérostats de 15 à 30 ponts, spécialisés dans la chasse aux planêles ou aux zeplins. Ce sont les plus nombreuses dans l'atmosphère d'Ophius. Enfin, les galliotes : ce sont des cités-dirigeables de très grande taille, jusqu'à 60 ponts, pouvant abriter jusqu'à deux mille occupants.<br />
<br />
	Il y a plusieurs milliers de cités-dirigeables, qui se déplacent quasiment toutes dans une formation nuageuse en forme de ruban située autour de l'équateur d'Ophius, la Bande Cardiale. La vie à bord, plutôt rude, est organisée selon un système de castes, dont les plus prestigieuses sont les Manoeuvriers chargés du pilotage des cités-dirigeables et de la navigation ; les Eoliens chargés de la manoeuvre et de l'entretien des systèmes d'équilibrage de pression ; les Cuviers spécialistes du traitement des matières premières dans les cuves à bactéries ; et surtout les Calfateurs, une des plus puissantes castes, qui a la charge d'entretenir l'enveloppe des aérostats et d'en assurer l'étanchéité. <br />
<br />
	Des conflits se produisent fréquemment entre cités-dirigeables. Une partie de la population reste cependant neutre dans ces conflits : ce sont les Pourvoyeurs, marchands qui servent d'intermédiaires et qui vendent du métal et des objets de haute technologie (récupérés dans les Classe V) contre des denrées périssables et de la toile. Il n'y a pas plus d'une centaine de cités-dirigeables de Pourvoyeurs. C'est presque exclusivement parmi eux qu'on trouve la population d'exotiques d'Ophius.<br />
<br />
	Dans tous les cultes ayant cours à bord des cités-dirigeables, on peut signaler la présence d'une légende commune : le Festland, un continent aérien mythique flottant sur les nuages.<br />
<br />
	Les Ophiusiens parlent une version surannée de l'univerlang, qui n'a pas évolué en raison de leur isolement pendant les quinze derniers siècles.]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[L'escale de Sémirande]]></title>
			<link>https://pbf.empiregalactique.site/showthread.php?tid=1133</link>
			<pubDate>Sun, 26 May 2013 21:06:26 +0200</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="https://pbf.empiregalactique.site/member.php?action=profile&uid=0">Sémirande</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">https://pbf.empiregalactique.site/showthread.php?tid=1133</guid>
			<description><![CDATA[[Quelques semaines plus tôt]<br />
Si Sémirande était partie si vite après l’atterrissage de la Lilith, c’est qu’il y avait de bonnes raisons. La première était qu’elle avait hâte d’échapper à l’atmosphère délétère qui régnait à bord du Classe I (atmosphère qu’elle avait soigneusement entretenue d’ailleurs). Mais ce n’était pas la plus importante. <br />
On a vu qu’elle n’avait en tout que deux semaines de disponibles : 14 petits jours. Et elle tenait absolument à aller à Vonda. Pour effectuer quelques changements. Pour rencontrer sa famille. Pour voir sa fille surtout, surtout.<br />
Lors de l’approche de Viala, dès que son « talkie » fut à portée (ce qui la dispensait d’utiliser les ressources de la Lilith dont elle se méfiait), elle avait passé une série de messages à sa Guilde, à la Confrérie des Corsaires, au contrôle de vol d’Amarzèle-port, ainsi qu’aux quelques amis qu’elle avait maintenant sur place. Ce fut l’un de ces derniers qui lui trouva l’oiseau rare. « Je tiens à te signaler que c’est une poubelle » la prévint-il. Bon. Va pour le camion-benne à ordures. « Le monsieur est pressé… » avait ajouté son correspondant.<br />
Elle avait donc filé à la Guilde Navyborg, où elle avait rendez-vous avec un certain capitaine Doppelgänger. commandant un Tabron dont le nom en Galactique signifiait « Fier à Bras ». « Est-ce voulu ? » se demanda-t-elle ?<br />
Espérant que l’homme ne soit pas à l’image du nom du navire, elle entra dans les locaux de la Guilde. Il n’était pas là. Elle attendit donc un peu. Un moment. Longtemps. Elle se décida à appeler le type, qui était au « Gentilhomme de Fortune » visiblement fin saoul.<br />
Elle regarda les vols réguliers. Rien d’intéressant avant deux jours au moins, et avec escale en plus. Zut zut zut. Bon. Elle reprit un taxi et fila vers l’estaminet.<br />
Il y en a qui ont de la chance, et d’autres qui n’en ont pas. Sémi n’en eut pas. La grande brêle aux bras cyber était là, qui l’interpella à sa façon habituelle, un rien de méchanceté en plus vu qu’aucun mâle n’accompagnait la jeune femme. Sémirande, qui avait pris la décision de ne plus se laisser emmerder par personne, lui tint à peu près ce langage : « Ecoute grosse vache. Je passe, et tu fais pas caguer. Colle une de tes sales pattes sur moi et c’est la boule de plasma. Maintenant du balai. ». Tout est dans l’intonation. L’autre commença par un « Viens pas te plaindre si.. » que Sémi interrompit d’un classique « Ta gueule ! ». Elle entra.<br />
L’ambiance n’avait pas changé, aussi ne perdit-elle pas de temps en considérations sociologiques à deux crédits. Se dirigeant vers le bar, elle avisa le cyborg qui les avait servi il y avait déjà longtemps. « Doppelgänger ? » demanda-t-elle. L’autre, plus physionomiste ou moins impassible que la Walkyrie d’occase, plissa les paupières, l’ayant surement reconnue. Mais il se borna d’indiquer un coin sombre du menton.<br />
Sombre et malodorant. Et la réponse était à priori « oui ». Le type pouvait être qualifié du nom de son vaisseau. C’était un Géant à l’air mauvais, vêtu d’une combinaison de vol renforcée. Il tenait à peine debout, impuissant face à quelques tourmenteurs ravis de pouvoir emmerder quelqu’un à peu de risques. Une fois de plus, Sémirande ne s’embarrassa pas de manières. Un des loubards, un E.T. poilu, trapu, dont les déplacements étaient curieusement élégants et qui lui tournait le dos, prit un coup de pied retourné et s’étala pour le compte (et sans doute un peu plus). Oui, c’est lâche.<br />
Bon, elle n’avait pas fait cela tout à fait au hasard. Cela n’avait pas du tout l’air d’une bande organisée - dans ce dernier cas, elle s’y serait prise autrement. Là, il fallait en prendre un et frapper fort ; cela avait de fortes chances de calmer les autres, et c’est bien ce qui se passa. Pas un des « copains » de la créature à terre ne fit le moindre geste pour lui venir en aide.<br />
Bien. Aux choses sérieuses maintenant. Se tournant vers son… Hem… « futur commandant » (qui n’avait pas encore l’air d’avoir réalisé ce qui venait de se passer), elle lui dit tout en rectifiant la position : « Pilote Chalmak, monsieur. A vos ordres ».<br />
10 minutes plus tard.<br />
Sémirande remercia bien le cyber serveur qui l’avait aidé à monter le pochetron dans un taxi. « Pourquoi ne pas demander un corps cyborg un peu meilleur que le vôtre ? » lui dit-elle en le quittant « Ici, avec toutes leurs caisses de solidarité, leurs fonds d’assistance, leurs mécènes, ce serait bien le diable si vous ne trouviez pas de quoi vous équiper mieux que cela. Et votre donzelle aussi d’ailleurs. ».<br />
Le type regarda partir le taxi. Se demandait-il si c’était du lard ou du cochon ? Ou bien méditait-il sur les propos de la petite bonne femme ?<br />
Sémirande, elle, n’était pas fâchée de quitter cette bande de minables. Eussent-ils subis cette situation dans un monde des Agrippines aurait suscité sa compassion. Mais ici, dans l’Alliance, cela trahissait un je m’en foutisme ou un masochisme assez carabiné. Ou les deux. Sémi n’aimait ni les uns, ni les autres. Puis elle dut faire face à divers problèmes de refoulement de liquides alcoolisé durant un vol qui lui sembla bien trop long.<br />
Le « Fier à Bras » était une épave sphéro-patatoïde aussi âgée qu’un membre de la chambre des pairs. Un patin d’atterrissage était sorti tribord avant, ce qui devait signifier que l’antigrav situé à cet endroit avait rendu l’âme. Un ou plusieurs d’ailleurs. Une échelle de coupée sortait du ventre rapiécé de l’engin, au bas de laquelle une forme humanoïde était assise : une femme à première vue.<br />
Le taxi s’approcha au ras de l’escalier amovible et s’ouvrit complètement afin de déposer le géant semi comateux au plus près, à l’aide de bras manipulateurs souples fort efficaces. « Désirez-vous que j’appelle de l’aide ? » proposa la machine semi-intelligente à Sémirande. « Non, merci bien. Rentrez bien » répondit curieusement cette dernière. Le taxi remercia à son tour et repris son vol.<br />
Sémi était donc au pied – stricto sensu - d’un astronef délabré dont le commandant était saoul à ses pieds et dont le seul membre d’équipage visible, du moins supposait-on que c’en était un - ne s’était même pas fendue d’un regard dans leur direction. C’était une grande femme maigre, au teint blafard, au visage maigre. Elle était vêtue d’une robe longue sans ornement aucun. Elle fumait et à ses pieds de nombreux mégots et paquets vides formait un début de dépôt d’immondices. Un petit logimec attentait cependant, sa benne remplie à ras bord. « Bonjour ! » hasarda Sémi. L’autre lui jeta un lent regard, puis détourna la tête, reprenant sa contemplation du vide.<br />
Oui, Sémi faillit tourner les talons et aller prendre un billet sur une ligne régulière. Au lieu de cela, elle se pencha sur le logimec, qui n’était nullement protégé, et consulta ses instructions. « Reste là et ramasse les mégots ». D’accord. Ce truc n’avait carrément pas de semi-intelligence. Elle rectifia cela et la machine partit vider sa benne.<br />
Un bruit se fit entendre. Un type descendait la coupée. Un petit humain trapu, à l’allure de gnome et vêtu pareillement. Etait-il aussi fort que son commandant ? Hummm. On pouvait en discuter. « C’est vous le nouveau pilote ? Eèèèh ! » dit-il avec un sourire mi-figue mi-raisin. « J’mappelle Moutch. Moutch tout court. Elle, c’est not’pilote, la femme du capitaine en même temps. Elle a tiré les rideaux. ». C’était imagé et assez juste. <br />
Sémi fit la connaissance du dernier des membres de l’équipage quand celui-ci descendit les aider à transporter la masse inerte à l’intérieur, sans bousculer celle qui fumait. Surtout sans la bousculer.<br />
Le nouveau venu humain, lui aussi, ne déparait pas l’équipage. Immensément grand, aussi noir que la fille était blanche, et maigre comme un coucou. Il flottait dans une combinaison de vol trop grande pour lui. Sémi n’osa demander à ce fier équipage s’il ne disposait pas, par hasard, d’un logimec de manutention. A vrai dire, elle connaissait la réponse.<br />
« Lui c’est Kamir » dit Moutch quand le géant fut installé sur une couchette de quart. « Kamir le Vitau. Il est mécano avec moi. ». Ledit Kamir s’en fut sans un simple salut, vraisemblablement vers la salle des machines. Moutch le regarda partir avec un haussement d’épaules. « L’est pas causant hein ? C’est pas comme moi. On doit aller chercher d’la marchandise et l’amner sur Vonda. C’est simple, hein ? Ava peut pu piloter. On doit livrer vite, alors le chef il a cherché quelqu’un vite aussi. ». <br />
« Quelle est…. C’est quoi la cargaison ? » demanda Sémi dans son plus mauvais Univerlang. <br />
« Sais pas. C’est pas très gros et tout honnête, c’est tout cque j’sais. Mais j’sais y aller, hein ? » termina-t-il, anticipant la question suivante.<br />
Sémi comprit qu’ici, les règles de bienséance de la Guilde ne devaient être qu’un lointain souvenir. Elle prit son unique sac et se rendit sans qu’on l’y ait invitée sur la – hum – passerelle. C’était une pièce oblongue, totalement aveugle, et encombrée comme le bazar d’Ellypse. Il y avait de tout. Des piles de bouquins NT2, de la ferraille et des pièces électroniques comme on n’en faisait plus, de vieux logimecs hors d’usage, mais aussi des restes de nourriture, des canettes de boissons que l’on n’avait pas pris la peine de comprimer et de recycler… Et ÇA !!!<br />
Une petite créature serpentiforme mais munie de pattes préhensiles, aux multiples yeux (elle en avait même au bout de la « queue »), à l’air robuste était sortie de derrière une caisse plastique en état de désagrégation avancée, pour y re-rentrer précipitamment dès qu’elle avait aperçu les deux humains. Quoique… elle avait laissé sa « queue » dépasser et devait se servir de l’œil qui y était posé pour observer. Curieuse, Sémi modifia sa vision, trouva la température de l’animal et chercha un peu. Argl. Il y en avait bien deux dizaines qui se cachaient là. Combien ailleurs ? Et depuis combien de temps ? Bouffaient-ils les câbles ? La coque ?<br />
Bon. Un demi-analphabète. Un autiste. Une catatonique. Un poivrot. Une cargaison dont on ne savait pas ce qu’elle était. Un vaisseau ressemblant à une poubelle … euh, pardon : qui en était une, et infestée de parasites de surcroit. Il n’y avait qu’une chose à faire : décoller. Parce qu’il n’y avait pas de vol régulier avant deux jours et qu’elle n’avait pas le choix.<br />
Le fauteuil de pilotage était un vieux truc en simili cuir, à moitié bouffé par une moisissure sèche, peu abondante mais apparemment très efficace. Il n’y avait pas de récepteur microcom pour correspondra avec son plot vertébral, ou alors il était en panne. Elle tira donc un des jacks de pilotage, l’examina, en tira un autre, puis le troisième. Reprenant le deuxième, elle le plugua derrière sa tête, lança une série de tests, et le déconnecta avec une moue dépitée. Elle eût toutes les peines à bloquer le câble en position « sortie ». Quand ce fut fait, elle ouvrit sa prothèse réparation et refit les connexions. Un nouvel essai de branchement fut plus satisfaisant.<br />
C’est à ce moment-là qu’elle prit conscience que Moutch la regardait. Il avait perdu toute sa verve, se contentant de la fixer d’un air attentif. C’était limite gênant, mais Sémi décida de ne pas se formaliser. D’ailleurs en avait-elle les moyens ? Elle décida de rester professionnelle, tant que faire se pouvait. « Allez à votre poste, officier. Nous allons démarrer la check list, puis vous me direz où aller. Ah, rentrez la dame qui fume pied de la passerelle s’il vous plait. ». <br />
Moutch la regarda une seconde, puis s’en fut. Sémi se pluga de nouveau au vaisseau et fit une tentative de connexion. Ses pare feux passèrent immédiatement au rouge. Les systèmes informatiques du « Fier à Bras » étaient pourris de virus au sens large. Deux d’entre eux avaient tenté de s’emparer d’elle. Fort heureusement, ses systèmes étaient un petit peu trop compliqués pour les programmes malicieux qui pouvaient se contenter des pauvres systèmes du vaisseau. Sémirande se connecta sur une banque de données commerciale où elle acheta de ses propres deniers un pack de nettoyage. En dix minutes le ménage était fait et elle put commencer sa Check-list. Elle dura longtemps, parce que ce navire était fait de bric et de brocs, qu’il était impossible de faire certaines vérifications en une fois, parce que les pannes mineures étaient nombreuses, et surtout que les possibilités du système informatique étaient limitées. Tellement limitées que…<br />
« Curiosity killed the cat » dit le proverbe. Sémirande ignorait ce qu’était un « cat », mais elle se doutait bien que l’idée loufoque qui lui était venue d’un coup pourrait lui coûter cher. Ses craintes furent vaines cependant : son esprit en cours de formation put prendre en main le réseau de « Fier à Bras » et gagner ainsi une bonne heure.<br />
Le plein de carburant n’avait pas été fait : il manquait 1000 kilos pour que le réservoir soit complet. Sémirande s’en était occupée dès le début de la check List. Elle avait tapé dans le fond d’avitaillement du vaisseau. Une fois les frais portuaires payés, il ne leur resta pratiquement plus un rond ; 1753 crédits pour être précis.<br />
« Plan de vol déposé, plein fait, taxes payées, silo nettoyé, état de l’équipage aussi bon que possible ; c’est-à-dire pas très frais » soliloqua-t-elle. « Bon, y’a plus qu’à… ».<br />
Elle demanda et obtint l’autorisation de décoller. On a vu que 3 antigravs sur quatre fonctionnaient. Malheureusement, sur ce vieux vaisseau, les antigravs de parking étaient les mêmes que ceux de manœuvre. Cela voulait dire que le décollage serait folklo. Il le fut. Sémi était loin d’être une déesse en conduite NT5 et une vraie bille en conduite NT6. Aussi prit-ele toutes les précautions possibles. Elle décolla sur « trois pattes » sans quitter le silo, pour voir. Le « Fier à Bras » s’inclina de 30° puis se stabilisa. Sémi prit un peu d’altitude puis sortit du silo. Il volait de travers pour compenser le déséquilibre, mais ça allait encore. Elle monta vers le ciel quand le contrôle de vol appela. Le vaisseau n’était donc pas réparé ? Le capitaine Doppelgänger avait pourtant promis que ce serait fait etc. Sémirande déclina son identité et promis qu’ils partaient pour un chantier privé situé sur la route de Vonda. « Vous devez savoir ce que vous faites, madame Chalmak » répondit-on. On ne les embêta pas plus.<br />
Toujours de traviole, le vaisseau Varlet monta vers le ciel, sortit de l’atmosphère et entra dans le Triche-Lumière.<br />
<br />
(A suivre)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[[Quelques semaines plus tôt]<br />
Si Sémirande était partie si vite après l’atterrissage de la Lilith, c’est qu’il y avait de bonnes raisons. La première était qu’elle avait hâte d’échapper à l’atmosphère délétère qui régnait à bord du Classe I (atmosphère qu’elle avait soigneusement entretenue d’ailleurs). Mais ce n’était pas la plus importante. <br />
On a vu qu’elle n’avait en tout que deux semaines de disponibles : 14 petits jours. Et elle tenait absolument à aller à Vonda. Pour effectuer quelques changements. Pour rencontrer sa famille. Pour voir sa fille surtout, surtout.<br />
Lors de l’approche de Viala, dès que son « talkie » fut à portée (ce qui la dispensait d’utiliser les ressources de la Lilith dont elle se méfiait), elle avait passé une série de messages à sa Guilde, à la Confrérie des Corsaires, au contrôle de vol d’Amarzèle-port, ainsi qu’aux quelques amis qu’elle avait maintenant sur place. Ce fut l’un de ces derniers qui lui trouva l’oiseau rare. « Je tiens à te signaler que c’est une poubelle » la prévint-il. Bon. Va pour le camion-benne à ordures. « Le monsieur est pressé… » avait ajouté son correspondant.<br />
Elle avait donc filé à la Guilde Navyborg, où elle avait rendez-vous avec un certain capitaine Doppelgänger. commandant un Tabron dont le nom en Galactique signifiait « Fier à Bras ». « Est-ce voulu ? » se demanda-t-elle ?<br />
Espérant que l’homme ne soit pas à l’image du nom du navire, elle entra dans les locaux de la Guilde. Il n’était pas là. Elle attendit donc un peu. Un moment. Longtemps. Elle se décida à appeler le type, qui était au « Gentilhomme de Fortune » visiblement fin saoul.<br />
Elle regarda les vols réguliers. Rien d’intéressant avant deux jours au moins, et avec escale en plus. Zut zut zut. Bon. Elle reprit un taxi et fila vers l’estaminet.<br />
Il y en a qui ont de la chance, et d’autres qui n’en ont pas. Sémi n’en eut pas. La grande brêle aux bras cyber était là, qui l’interpella à sa façon habituelle, un rien de méchanceté en plus vu qu’aucun mâle n’accompagnait la jeune femme. Sémirande, qui avait pris la décision de ne plus se laisser emmerder par personne, lui tint à peu près ce langage : « Ecoute grosse vache. Je passe, et tu fais pas caguer. Colle une de tes sales pattes sur moi et c’est la boule de plasma. Maintenant du balai. ». Tout est dans l’intonation. L’autre commença par un « Viens pas te plaindre si.. » que Sémi interrompit d’un classique « Ta gueule ! ». Elle entra.<br />
L’ambiance n’avait pas changé, aussi ne perdit-elle pas de temps en considérations sociologiques à deux crédits. Se dirigeant vers le bar, elle avisa le cyborg qui les avait servi il y avait déjà longtemps. « Doppelgänger ? » demanda-t-elle. L’autre, plus physionomiste ou moins impassible que la Walkyrie d’occase, plissa les paupières, l’ayant surement reconnue. Mais il se borna d’indiquer un coin sombre du menton.<br />
Sombre et malodorant. Et la réponse était à priori « oui ». Le type pouvait être qualifié du nom de son vaisseau. C’était un Géant à l’air mauvais, vêtu d’une combinaison de vol renforcée. Il tenait à peine debout, impuissant face à quelques tourmenteurs ravis de pouvoir emmerder quelqu’un à peu de risques. Une fois de plus, Sémirande ne s’embarrassa pas de manières. Un des loubards, un E.T. poilu, trapu, dont les déplacements étaient curieusement élégants et qui lui tournait le dos, prit un coup de pied retourné et s’étala pour le compte (et sans doute un peu plus). Oui, c’est lâche.<br />
Bon, elle n’avait pas fait cela tout à fait au hasard. Cela n’avait pas du tout l’air d’une bande organisée - dans ce dernier cas, elle s’y serait prise autrement. Là, il fallait en prendre un et frapper fort ; cela avait de fortes chances de calmer les autres, et c’est bien ce qui se passa. Pas un des « copains » de la créature à terre ne fit le moindre geste pour lui venir en aide.<br />
Bien. Aux choses sérieuses maintenant. Se tournant vers son… Hem… « futur commandant » (qui n’avait pas encore l’air d’avoir réalisé ce qui venait de se passer), elle lui dit tout en rectifiant la position : « Pilote Chalmak, monsieur. A vos ordres ».<br />
10 minutes plus tard.<br />
Sémirande remercia bien le cyber serveur qui l’avait aidé à monter le pochetron dans un taxi. « Pourquoi ne pas demander un corps cyborg un peu meilleur que le vôtre ? » lui dit-elle en le quittant « Ici, avec toutes leurs caisses de solidarité, leurs fonds d’assistance, leurs mécènes, ce serait bien le diable si vous ne trouviez pas de quoi vous équiper mieux que cela. Et votre donzelle aussi d’ailleurs. ».<br />
Le type regarda partir le taxi. Se demandait-il si c’était du lard ou du cochon ? Ou bien méditait-il sur les propos de la petite bonne femme ?<br />
Sémirande, elle, n’était pas fâchée de quitter cette bande de minables. Eussent-ils subis cette situation dans un monde des Agrippines aurait suscité sa compassion. Mais ici, dans l’Alliance, cela trahissait un je m’en foutisme ou un masochisme assez carabiné. Ou les deux. Sémi n’aimait ni les uns, ni les autres. Puis elle dut faire face à divers problèmes de refoulement de liquides alcoolisé durant un vol qui lui sembla bien trop long.<br />
Le « Fier à Bras » était une épave sphéro-patatoïde aussi âgée qu’un membre de la chambre des pairs. Un patin d’atterrissage était sorti tribord avant, ce qui devait signifier que l’antigrav situé à cet endroit avait rendu l’âme. Un ou plusieurs d’ailleurs. Une échelle de coupée sortait du ventre rapiécé de l’engin, au bas de laquelle une forme humanoïde était assise : une femme à première vue.<br />
Le taxi s’approcha au ras de l’escalier amovible et s’ouvrit complètement afin de déposer le géant semi comateux au plus près, à l’aide de bras manipulateurs souples fort efficaces. « Désirez-vous que j’appelle de l’aide ? » proposa la machine semi-intelligente à Sémirande. « Non, merci bien. Rentrez bien » répondit curieusement cette dernière. Le taxi remercia à son tour et repris son vol.<br />
Sémi était donc au pied – stricto sensu - d’un astronef délabré dont le commandant était saoul à ses pieds et dont le seul membre d’équipage visible, du moins supposait-on que c’en était un - ne s’était même pas fendue d’un regard dans leur direction. C’était une grande femme maigre, au teint blafard, au visage maigre. Elle était vêtue d’une robe longue sans ornement aucun. Elle fumait et à ses pieds de nombreux mégots et paquets vides formait un début de dépôt d’immondices. Un petit logimec attentait cependant, sa benne remplie à ras bord. « Bonjour ! » hasarda Sémi. L’autre lui jeta un lent regard, puis détourna la tête, reprenant sa contemplation du vide.<br />
Oui, Sémi faillit tourner les talons et aller prendre un billet sur une ligne régulière. Au lieu de cela, elle se pencha sur le logimec, qui n’était nullement protégé, et consulta ses instructions. « Reste là et ramasse les mégots ». D’accord. Ce truc n’avait carrément pas de semi-intelligence. Elle rectifia cela et la machine partit vider sa benne.<br />
Un bruit se fit entendre. Un type descendait la coupée. Un petit humain trapu, à l’allure de gnome et vêtu pareillement. Etait-il aussi fort que son commandant ? Hummm. On pouvait en discuter. « C’est vous le nouveau pilote ? Eèèèh ! » dit-il avec un sourire mi-figue mi-raisin. « J’mappelle Moutch. Moutch tout court. Elle, c’est not’pilote, la femme du capitaine en même temps. Elle a tiré les rideaux. ». C’était imagé et assez juste. <br />
Sémi fit la connaissance du dernier des membres de l’équipage quand celui-ci descendit les aider à transporter la masse inerte à l’intérieur, sans bousculer celle qui fumait. Surtout sans la bousculer.<br />
Le nouveau venu humain, lui aussi, ne déparait pas l’équipage. Immensément grand, aussi noir que la fille était blanche, et maigre comme un coucou. Il flottait dans une combinaison de vol trop grande pour lui. Sémi n’osa demander à ce fier équipage s’il ne disposait pas, par hasard, d’un logimec de manutention. A vrai dire, elle connaissait la réponse.<br />
« Lui c’est Kamir » dit Moutch quand le géant fut installé sur une couchette de quart. « Kamir le Vitau. Il est mécano avec moi. ». Ledit Kamir s’en fut sans un simple salut, vraisemblablement vers la salle des machines. Moutch le regarda partir avec un haussement d’épaules. « L’est pas causant hein ? C’est pas comme moi. On doit aller chercher d’la marchandise et l’amner sur Vonda. C’est simple, hein ? Ava peut pu piloter. On doit livrer vite, alors le chef il a cherché quelqu’un vite aussi. ». <br />
« Quelle est…. C’est quoi la cargaison ? » demanda Sémi dans son plus mauvais Univerlang. <br />
« Sais pas. C’est pas très gros et tout honnête, c’est tout cque j’sais. Mais j’sais y aller, hein ? » termina-t-il, anticipant la question suivante.<br />
Sémi comprit qu’ici, les règles de bienséance de la Guilde ne devaient être qu’un lointain souvenir. Elle prit son unique sac et se rendit sans qu’on l’y ait invitée sur la – hum – passerelle. C’était une pièce oblongue, totalement aveugle, et encombrée comme le bazar d’Ellypse. Il y avait de tout. Des piles de bouquins NT2, de la ferraille et des pièces électroniques comme on n’en faisait plus, de vieux logimecs hors d’usage, mais aussi des restes de nourriture, des canettes de boissons que l’on n’avait pas pris la peine de comprimer et de recycler… Et ÇA !!!<br />
Une petite créature serpentiforme mais munie de pattes préhensiles, aux multiples yeux (elle en avait même au bout de la « queue »), à l’air robuste était sortie de derrière une caisse plastique en état de désagrégation avancée, pour y re-rentrer précipitamment dès qu’elle avait aperçu les deux humains. Quoique… elle avait laissé sa « queue » dépasser et devait se servir de l’œil qui y était posé pour observer. Curieuse, Sémi modifia sa vision, trouva la température de l’animal et chercha un peu. Argl. Il y en avait bien deux dizaines qui se cachaient là. Combien ailleurs ? Et depuis combien de temps ? Bouffaient-ils les câbles ? La coque ?<br />
Bon. Un demi-analphabète. Un autiste. Une catatonique. Un poivrot. Une cargaison dont on ne savait pas ce qu’elle était. Un vaisseau ressemblant à une poubelle … euh, pardon : qui en était une, et infestée de parasites de surcroit. Il n’y avait qu’une chose à faire : décoller. Parce qu’il n’y avait pas de vol régulier avant deux jours et qu’elle n’avait pas le choix.<br />
Le fauteuil de pilotage était un vieux truc en simili cuir, à moitié bouffé par une moisissure sèche, peu abondante mais apparemment très efficace. Il n’y avait pas de récepteur microcom pour correspondra avec son plot vertébral, ou alors il était en panne. Elle tira donc un des jacks de pilotage, l’examina, en tira un autre, puis le troisième. Reprenant le deuxième, elle le plugua derrière sa tête, lança une série de tests, et le déconnecta avec une moue dépitée. Elle eût toutes les peines à bloquer le câble en position « sortie ». Quand ce fut fait, elle ouvrit sa prothèse réparation et refit les connexions. Un nouvel essai de branchement fut plus satisfaisant.<br />
C’est à ce moment-là qu’elle prit conscience que Moutch la regardait. Il avait perdu toute sa verve, se contentant de la fixer d’un air attentif. C’était limite gênant, mais Sémi décida de ne pas se formaliser. D’ailleurs en avait-elle les moyens ? Elle décida de rester professionnelle, tant que faire se pouvait. « Allez à votre poste, officier. Nous allons démarrer la check list, puis vous me direz où aller. Ah, rentrez la dame qui fume pied de la passerelle s’il vous plait. ». <br />
Moutch la regarda une seconde, puis s’en fut. Sémi se pluga de nouveau au vaisseau et fit une tentative de connexion. Ses pare feux passèrent immédiatement au rouge. Les systèmes informatiques du « Fier à Bras » étaient pourris de virus au sens large. Deux d’entre eux avaient tenté de s’emparer d’elle. Fort heureusement, ses systèmes étaient un petit peu trop compliqués pour les programmes malicieux qui pouvaient se contenter des pauvres systèmes du vaisseau. Sémirande se connecta sur une banque de données commerciale où elle acheta de ses propres deniers un pack de nettoyage. En dix minutes le ménage était fait et elle put commencer sa Check-list. Elle dura longtemps, parce que ce navire était fait de bric et de brocs, qu’il était impossible de faire certaines vérifications en une fois, parce que les pannes mineures étaient nombreuses, et surtout que les possibilités du système informatique étaient limitées. Tellement limitées que…<br />
« Curiosity killed the cat » dit le proverbe. Sémirande ignorait ce qu’était un « cat », mais elle se doutait bien que l’idée loufoque qui lui était venue d’un coup pourrait lui coûter cher. Ses craintes furent vaines cependant : son esprit en cours de formation put prendre en main le réseau de « Fier à Bras » et gagner ainsi une bonne heure.<br />
Le plein de carburant n’avait pas été fait : il manquait 1000 kilos pour que le réservoir soit complet. Sémirande s’en était occupée dès le début de la check List. Elle avait tapé dans le fond d’avitaillement du vaisseau. Une fois les frais portuaires payés, il ne leur resta pratiquement plus un rond ; 1753 crédits pour être précis.<br />
« Plan de vol déposé, plein fait, taxes payées, silo nettoyé, état de l’équipage aussi bon que possible ; c’est-à-dire pas très frais » soliloqua-t-elle. « Bon, y’a plus qu’à… ».<br />
Elle demanda et obtint l’autorisation de décoller. On a vu que 3 antigravs sur quatre fonctionnaient. Malheureusement, sur ce vieux vaisseau, les antigravs de parking étaient les mêmes que ceux de manœuvre. Cela voulait dire que le décollage serait folklo. Il le fut. Sémi était loin d’être une déesse en conduite NT5 et une vraie bille en conduite NT6. Aussi prit-ele toutes les précautions possibles. Elle décolla sur « trois pattes » sans quitter le silo, pour voir. Le « Fier à Bras » s’inclina de 30° puis se stabilisa. Sémi prit un peu d’altitude puis sortit du silo. Il volait de travers pour compenser le déséquilibre, mais ça allait encore. Elle monta vers le ciel quand le contrôle de vol appela. Le vaisseau n’était donc pas réparé ? Le capitaine Doppelgänger avait pourtant promis que ce serait fait etc. Sémirande déclina son identité et promis qu’ils partaient pour un chantier privé situé sur la route de Vonda. « Vous devez savoir ce que vous faites, madame Chalmak » répondit-on. On ne les embêta pas plus.<br />
Toujours de traviole, le vaisseau Varlet monta vers le ciel, sortit de l’atmosphère et entra dans le Triche-Lumière.<br />
<br />
(A suivre)]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Horizon courbe]]></title>
			<link>https://pbf.empiregalactique.site/showthread.php?tid=1130</link>
			<pubDate>Thu, 09 May 2013 23:49:15 +0200</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="https://pbf.empiregalactique.site/member.php?action=profile&uid=40">Gurv Hemmedeji</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">https://pbf.empiregalactique.site/showthread.php?tid=1130</guid>
			<description><![CDATA[<a href="http://www.encyclopedie-galactique.com/viewtopic.php?f=105&amp;t=1756&amp;p=28176#p28176" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Nous venons de là...</a><br />
<br />
<span style="font-size: 24pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Système de Velag, Véné 26 Second 1505 CS</span></span><br />
<br />
Le voyage se déroula sans incident majeur mais pas sans rencontres. A plusieurs reprises durant les quatre jours suivants, des chasseurs de l'Astromarine de l'Alliance pointèrent le bout de leurs museaux à portée de Psychoperception, échangèrent de brefs messages d'identification sur les canaux hyperondes civils, et souhaitèrent bon voyage au Lilith avant de faire volte-face pour continuer leurs patrouilles ou revenir à leurs porteurs.<br />
<br />
A la quatre vingt seizième heure après le départ, le signal à courte portée d'une balise hypercom de navigation signala à Gurvan, de quart à la passerelle, l'endroit exact où il devait créer le point de Vérité. Il contacta la Salle des Machines, demanda la puissance nominale et lança la procédure de retranslation.<br />
<br />
Le maelstrom d'énergie bleutée régurgita le Classe I de Lucifer Transports avant de se contracter et l'Espace hoqueta avec un flash de lumière octarine. A des centaines de millions de kilomètres de là, deux étoiles naines jaunes de type G4V mais de taille sensiblement différentes gravitaient l'une autour de l'autre, séparées par 1,3 UA. Le navire était sorti du Triche-Lumière au Point de Lagrange PL5 des deux étoiles, c'est-à-dire en un point de l'Espace situé légèrement en dehors de l'orbite de la plus petite, en retard par rapport à celle-ci, et faisant un angle de 60° avec la plus grosse.<br />
<br />
<span style="color: #BF4080;" class="mycode_color"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i">"Mesdames, messieurs, bienvenue dans le système de Velag"</span></span>, déclara Jarid Moray qui avait demandé et obtenu le droit d'assister à la retranslation depuis le poste principal du navire. <span style="color: #BF4080;" class="mycode_color"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i">"Voici l'orbitat Arago..."</span></span><br />
<br />
Il désigna du doigt ce que les scruteurs avaient signalé dès le retour en Espace normal, et qui s'affichait sur l'écran panoramique de la passerelle. A plus de cinquante mille kilomètres de là, une sorte de large rectangle sombre semblait découper une fenêtre obscure sur la surface de Velag B, la plus petite des deux étoiles du système. Ce n'était qu'une illusion d'optique, bien sûr, dûe aux positions respectives de l'astre, du vaisseau et de l'objet situé entre les deux. Car c'était bien d'un objet dont il s'agissait. Et de dimensions colossales.<br />
<br />
<span style="color: #40BF00;" class="mycode_color">[Lilith, de Contrôle Arago. Nous transmettons les vecteurs d'approche à l'infopilote de votre vaisseau]</span> déclara la voix au timbre métallique d'un système expert robotisé.<br />
<br />
L'astronef redémarra sitôt que les données de navigation furent reçues et fila à vitesse de transit orbital en direction de l'objet. Les programmes automatiques corrigèrent l'image diffusée par le panoramique, et les relevés télémétriques apparurent dans une projection holographique secondaire. <br />
<br />
Ce que Jarid Moray avait appelé l'orbitat -- ou habitat orbital -- Arago avait des dimensions qui le classaient dans la catégorie des géo-artefacts. C'était une structure artificielle en forme d'anneau, de deux mille kilomètres de diamètre et de cinq cent kilomètres de largeur. Il était en rotation sur lui-même, incliné de 90° par rapport à son plan orbital. Les détails se précisaient au fur et à mesure que le Lilith approchait. Seule la face externe de l'orbitat recevait la lumière des deux étoiles. Elle semblait être recouverte de capteurs photovoltaïques et d'après les relevés des senseurs, d'autres dispositifs similaires à des écopes mange-poussières et permettant de collecter les particules du vent solaire.<br />
<br />
La trajectoire du navire commença à s'arrondir pour passer "au-dessus" de l'orbitat. Et un spectacle extraordinaire s'inscrivit au creux des panneaux TriD de la passerelle. <br />
<br />
Malgré qu'elle ne reçoive aucune lumière de Velag A et B, la face interne du géo-artefact n'était pourtant pas plongée dans la nuit perpétuelle, car elle était uniformément éclairée par un luminaire artificiel suspendu dans l'espace, au centre de l'axe de rotation. Et cette face interne ressemblait à la surface d'un monde vu de l'Espace, sauf que tout se passait comme si quelque Titan avait découpé une tranche dans la croute d'une planète et l'avait repliée sur elle-même en forme d'anneau. Une surface vraisemblablement habitable, tâchetée de vert, de marron et de bleu était partiellement masquée par une fine couche de nuages blancs. Sur les bords de l'orbitat, s'élevaient des murs de cinquante kilomètres de hauteur, prolongés par des champs de force miroitants et destinés au confinement de l'atmosphère. Celle-ci restait captive "au fond" du géo-artéfact, piégée par son propre poids grâce à la gravité artificielle engendrée par sa rotation.<br />
<br />
Le Lilith pivota sur son axe de tangage afin de s'approcher de l'habitat face au mur zénithal.<br />
<br />
<span style="color: #BF4080;" class="mycode_color"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i">"Nous allons nous poser sur ce débarcadère"</span></span>, indiqua Jarid Moray en montrant un détail de la projection holographique. <span style="color: #BF4080;" class="mycode_color"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i">"Il y en a une douzaine identiques répartis le long de chaque Parapet."</span></span><br />
<br />
La structure désignée par le haut fonctionnaire allié était une vaste plate-forme semi-circulaire de deux kilomètres de diamètre, pointant vers l'extérieur du mur de confinement d'atmosphère et protégée du vide spatial par un champ de forces. Les imageurs zoomèrent sur une minuscule silhouette solitaire, se tenant debout au beau milieu de l'aire d'atterrissage. Apparemment, ils étaient attendus.<br />
<br />
(A suivre)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.encyclopedie-galactique.com/viewtopic.php?f=105&amp;t=1756&amp;p=28176#p28176" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Nous venons de là...</a><br />
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<span style="font-size: 24pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Système de Velag, Véné 26 Second 1505 CS</span></span><br />
<br />
Le voyage se déroula sans incident majeur mais pas sans rencontres. A plusieurs reprises durant les quatre jours suivants, des chasseurs de l'Astromarine de l'Alliance pointèrent le bout de leurs museaux à portée de Psychoperception, échangèrent de brefs messages d'identification sur les canaux hyperondes civils, et souhaitèrent bon voyage au Lilith avant de faire volte-face pour continuer leurs patrouilles ou revenir à leurs porteurs.<br />
<br />
A la quatre vingt seizième heure après le départ, le signal à courte portée d'une balise hypercom de navigation signala à Gurvan, de quart à la passerelle, l'endroit exact où il devait créer le point de Vérité. Il contacta la Salle des Machines, demanda la puissance nominale et lança la procédure de retranslation.<br />
<br />
Le maelstrom d'énergie bleutée régurgita le Classe I de Lucifer Transports avant de se contracter et l'Espace hoqueta avec un flash de lumière octarine. A des centaines de millions de kilomètres de là, deux étoiles naines jaunes de type G4V mais de taille sensiblement différentes gravitaient l'une autour de l'autre, séparées par 1,3 UA. Le navire était sorti du Triche-Lumière au Point de Lagrange PL5 des deux étoiles, c'est-à-dire en un point de l'Espace situé légèrement en dehors de l'orbite de la plus petite, en retard par rapport à celle-ci, et faisant un angle de 60° avec la plus grosse.<br />
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<span style="color: #BF4080;" class="mycode_color"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i">"Mesdames, messieurs, bienvenue dans le système de Velag"</span></span>, déclara Jarid Moray qui avait demandé et obtenu le droit d'assister à la retranslation depuis le poste principal du navire. <span style="color: #BF4080;" class="mycode_color"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i">"Voici l'orbitat Arago..."</span></span><br />
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Il désigna du doigt ce que les scruteurs avaient signalé dès le retour en Espace normal, et qui s'affichait sur l'écran panoramique de la passerelle. A plus de cinquante mille kilomètres de là, une sorte de large rectangle sombre semblait découper une fenêtre obscure sur la surface de Velag B, la plus petite des deux étoiles du système. Ce n'était qu'une illusion d'optique, bien sûr, dûe aux positions respectives de l'astre, du vaisseau et de l'objet situé entre les deux. Car c'était bien d'un objet dont il s'agissait. Et de dimensions colossales.<br />
<br />
<span style="color: #40BF00;" class="mycode_color">[Lilith, de Contrôle Arago. Nous transmettons les vecteurs d'approche à l'infopilote de votre vaisseau]</span> déclara la voix au timbre métallique d'un système expert robotisé.<br />
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L'astronef redémarra sitôt que les données de navigation furent reçues et fila à vitesse de transit orbital en direction de l'objet. Les programmes automatiques corrigèrent l'image diffusée par le panoramique, et les relevés télémétriques apparurent dans une projection holographique secondaire. <br />
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Ce que Jarid Moray avait appelé l'orbitat -- ou habitat orbital -- Arago avait des dimensions qui le classaient dans la catégorie des géo-artefacts. C'était une structure artificielle en forme d'anneau, de deux mille kilomètres de diamètre et de cinq cent kilomètres de largeur. Il était en rotation sur lui-même, incliné de 90° par rapport à son plan orbital. Les détails se précisaient au fur et à mesure que le Lilith approchait. Seule la face externe de l'orbitat recevait la lumière des deux étoiles. Elle semblait être recouverte de capteurs photovoltaïques et d'après les relevés des senseurs, d'autres dispositifs similaires à des écopes mange-poussières et permettant de collecter les particules du vent solaire.<br />
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La trajectoire du navire commença à s'arrondir pour passer "au-dessus" de l'orbitat. Et un spectacle extraordinaire s'inscrivit au creux des panneaux TriD de la passerelle. <br />
<br />
Malgré qu'elle ne reçoive aucune lumière de Velag A et B, la face interne du géo-artefact n'était pourtant pas plongée dans la nuit perpétuelle, car elle était uniformément éclairée par un luminaire artificiel suspendu dans l'espace, au centre de l'axe de rotation. Et cette face interne ressemblait à la surface d'un monde vu de l'Espace, sauf que tout se passait comme si quelque Titan avait découpé une tranche dans la croute d'une planète et l'avait repliée sur elle-même en forme d'anneau. Une surface vraisemblablement habitable, tâchetée de vert, de marron et de bleu était partiellement masquée par une fine couche de nuages blancs. Sur les bords de l'orbitat, s'élevaient des murs de cinquante kilomètres de hauteur, prolongés par des champs de force miroitants et destinés au confinement de l'atmosphère. Celle-ci restait captive "au fond" du géo-artéfact, piégée par son propre poids grâce à la gravité artificielle engendrée par sa rotation.<br />
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Le Lilith pivota sur son axe de tangage afin de s'approcher de l'habitat face au mur zénithal.<br />
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<span style="color: #BF4080;" class="mycode_color"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i">"Nous allons nous poser sur ce débarcadère"</span></span>, indiqua Jarid Moray en montrant un détail de la projection holographique. <span style="color: #BF4080;" class="mycode_color"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i">"Il y en a une douzaine identiques répartis le long de chaque Parapet."</span></span><br />
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La structure désignée par le haut fonctionnaire allié était une vaste plate-forme semi-circulaire de deux kilomètres de diamètre, pointant vers l'extérieur du mur de confinement d'atmosphère et protégée du vide spatial par un champ de forces. Les imageurs zoomèrent sur une minuscule silhouette solitaire, se tenant debout au beau milieu de l'aire d'atterrissage. Apparemment, ils étaient attendus.<br />
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(A suivre)]]></content:encoded>
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